Evelyne Huytebroeck : “Bruxelles, c’est vraiment ma ville”

Article écrit dans le cadre de mon cours de “Presse écrite” en novembre 2010 et issu de mon ancien blog.

C’est à son domicile bruxellois qu’Evelyne Huytebroeck a répondu à nos questions. Une interview décontractée durant laquelle la Ministre Bruxelloise de la Jeunesse n’évoquera pas la crise politique.

Evelyne Huytebroeck

Une soirée réussie à Bruxelles, pour vous, ça passe par où ?

Je suis très épicurienne. Ça passe sûrement par un bon restaurant, qui a des produits de qualité, des recettes variées. Je regarde toujours, comme je suis très alimentation durable, qu’il présente quand même des produits de saison. Donc, un choix de restaurant, avec des amis. Six ou huit, ça c’est un bon nombre. Après la soirée, c’est aller boire un verre dans des endroits qu’on aime. L’un de mes endroits préférés c’est l’Archiduc.

Pour vous, Bruxelles, ça représente quoi ?

Bruxelles, c’est vraiment ma ville. C’est la région centrale du pays mais c’est beaucoup plus que ça. C’est un carrefour européen à la croisée des chemins. C’est très international, très ouvert sur le monde. On peut vraiment y côtoyer des gens de partout. C’est une ville qui a une très forte identité. C’est une région. Elle est aussi bilingue, ce qui est très rare dans le monde. Et c’est une ville qui est très riche au niveau de son patrimoine urbain et de son patrimoine culturel, avec un mélange qu’on retrouve assez peu ailleurs. C’est vraiment un brassage de populations qui fait que c’est une ville qui a beaucoup d’atouts.

D’ailleurs, la multiculturalité à Bruxelles, un échec ou une réussite ?

C’est une réussite si tout le monde se sent bien dans la ville, si les gens se côtoient de manière harmonieuse. Or, on n’a pas encore réussi la mixité sociale dans certains quartiers. Et on n’a pas encore réussi l’enseignement pour tous non plus. Par contre, il y a quand même des choses qu’on a réussies. On a fait beaucoup de rénovation urbaine. Avec ça, je crois qu’il y a pas mal de quartiers qui se sont relevés. On est une ville très verte, c’est aussi une qualité de vie. Donc cette multiculturalité, moi je n’irais pas jusqu’à dire que c’est un échec, mais c’est vrai qu’il nous reste encore de fameux défis à relever.

Dans vingt ans, à quoi ressemblera la capitale selon vous ?

On va devoir réussir l’équilibre entre l’augmentation du nombre de logements et la surface d’espaces verts que nous avons. Je ne parle pas rien que des parcs mais des intérieurs d’îlots, qui sont des poumons verts. C’est un peu la politique que je mène, c’est aller vraiment vers une ville durable, ce qui est possible. Maintenant, on essaye vraiment d’avoir cette attention dans tous les projets de logement. Pour moi c’est ça qu’on doit réussir, et évidemment la cohabitation, pas toujours facile, de populations qui sont très différentes. Il faut essayer d’avoir beaucoup plus de mixité.

Que pensez-vous du rapport des jeunes à la politique ?

Il y en a qui disent que les jeunes sont beaucoup moins politisés. Moi je ne suis vraiment pas d’accord avec ça. Le rapport à la politique est différent, parce que la société a évolué. Le lien aux informations, le lien aux autres est beaucoup plus rapide. Quasiment tous les jours, je rencontre des jeunes qui sont politisés à leur manière. Ça veut dire qu’on est curieux sur le monde, on participe. On ne leur donne pas toujours cette possibilité. Et ça c’est vraiment aussi une chose à améliorer. On a des outils : le conseil de la jeunesse est intéressant. Les jeunes ont envie de s’impliquer. Ils sont parfois effrayés par la politique telle qu’elle est présentée. Nous, comme responsables, on est très tristes de cette image. Et là, on a une responsabilité : aller beaucoup plus vers eux.

En tant qu’ancienne journaliste, pensez-vous que l’éducation aux médias doit être améliorée ?

Oui, énormément. Il y a un chantier énorme à faire à partir de l’école. Parce que les médias, pour moi, c’est la meilleure et la pire des choses. Si on l’utilise mal, ça peut être très négatif. Tandis que si on apprend à vraiment aborder les médias avec une œil critique, avec une utilisation plus sélective, à ce moment-là ça peut être un outil tout à fait extraordinaire. Mais donc ça doit s’apprendre. Une approche des médias dès les primaires doit être vraiment possible.

Une musique pour rythmer vos journées, que choisiriez-vous ?

Un coup de cœur total. Je les ai vus à Couleur Café. J’étais fascinée. C’est un duo mexicain qui ne joue qu’à la guitare, il n’y a pas de voix. Ils s’appellent Rodrigo y Gabriela. Je me suis précipitée sur le cd le lendemain. Tout l’été, c’est resté dans mes oreilles.

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