Tanguy Dumortier, entre Virginal et Afrique

Cet article a été publié dans le Petit Tram du mois d’octobre 2013 (pg14). Ce journal mensuel est publié par le Centre Culturel d’Ittre.

Tanguy Dumortier était présentateur du 12 minutes de la RTBF jusqu’en 2010. Il décide alors de prendre une année de pause pour se consacrer au documentaire. Après trois ans, de nombreux voyages en Afrique, et divers documentaires, il n’est toujours pas question pour lui de retourner à son ancien poste. Entre deux escales, Tanguy Dumortier a pris le temps de répondre à nos questions.

Les voyages en Afrique réservent aussi de bonnes surprises.

Après trois ans d’aventures extraordinaires au grand air, difficile de retourner dans un bureau. Bien qu’il ne soit pas totalement détaché de la RTBF, puisque certains de ses documentaires sont diffusés sur la chaîne publique, Tanguy Dumortier a trouvé sa voie avec le documentaire, et compte bien continuer sur cette lancée encore quelques années. Vivant à Virginal depuis cinq ans maintenant, le jeune réalisateur revient avec nous sur ses plus beaux souvenirs, mais aussi, sa vie dans la commune.

Pourquoi vous lancer dans le documentaire ?

Il y a toujours un moment où on découvre ce qui nous fait plaisir sur un plan professionnel. Pendant cinq ans, j’ai fait le 12 minutes sur la RTBF. C’était très intéressant, mais j’avais envie de prendre l’air. Les documentaires, c’est avant tout une bonne excuse pour aller voir des endroits un peu partout. Il faut évidemment que je fasse du bon travail pour qu’on m’en redemande ! Quand je travaillais pour le JT, je faisais déjà des documentaires d’ailleurs. J’arrivais à la rédaction avec mes grosses bottines pleines de boue, parce que j’avais été filmer des renards le matin. Maintenant, je ne fais plus que ça !

C’est donc une réalité différente pour vous…

Quand on fait du documentaire, tourner à un rythme de deux par an, c’est déjà vraiment bien. Ce n’est pas toujours très rentable, c’est pourquoi il faut pouvoir les diffuser, en télévision par exemple. Depuis peu, je fais aussi des commandes. J’ai par exemple travaillé pour la Région Wallonne, qui paye des recherches en Afrique. J’ai déjà aussi travaillé avec l’ONU, qui encadre des zones naturelles sur place. Mes documentaires permettent de voir ce qui est fait avec l’argent consacré à cette recherche. Les images montrent les facettes multiples du pays, ce qui peut aider à stabiliser la population, d’une certaine façon. Ma mission est donc de vulgariser.

Quel est votre plus beau souvenir de reportage ?

C’était il y a quelques semaines, pendant un voyage au Tchad. Le public est habitué à ce que l’on dise que les éléphants sont en danger. Mais il s’agit en fait d’une vraie hécatombe. Ces animaux sont donc devenus très méfiants, c’est extrêmement difficile de les approcher. Et là, nous étions sur la terrasse d’un ami qui avait construit une mare derrière sa maison pour que les éléphants viennent s’abreuver. C’était en pleine saison sèche, et à part les mares de ce genre, il n’y a pas beaucoup d’endroits où ils peuvent boire. Les éléphants ont compris qu’il y avait des tuyaux d’arrosage sur la terrasse, et sont donc venus demander à boire. Ils étaient à peine à 20 cm de nous avec leur trompe, c’était vraiment étonnant.

Et votre moment le plus effrayant ?

Au Congo, les hommes sont parfois plus dangereux que les animaux. Il y a des zones où on n’était pas à l’aise, on sait qu’il y a des bandes armées là-bas, des prises d’otages, etc. Il faut toujours mesurer la tension quand on part. C’est moins drôle. Heureusement, il y a moins de moments effrayants que de beaux moments ! Mais il y a bien une fois, en effet oùJje n’ai jamais couru aussi vite de toute ma vie. Un vétérinaire sud-africain devait endormir une lionne pour lui placer un collier émetteur, et faire une prise de sang. Sauf que la lionne s’est réveillée au milieu de nous tous. Evidemment, après on en rigole de ce genre de choses, mais c’était effrayant.

Rencontre avec une lionne endormie… ou pas tout à fait.

Dans vos reportages, vous militez pour la préservation de l’environnement. Que pensez-vous de cet aspect de vie dans la commune d’Ittre ?

Mes parents avaient une maison ici, donc je connaissais déjà avant. Ittre, c’est vraiment l’idéal. Je suis très bien placé quand je suis dans le pays : pas loin de Mons, de Bruxelles, de Namur. Il y a énormément de choses qui sont faites : une vraie vie associative, des gens sympathiques. Le retour de petits commerces à aider à dynamiser aussi. Nous sommes entourés d’espaces verts, parfois des champs uniques, ce qui est un peu dommage, mais c’est vert. Ce n’est pas toujours évident de mettre des choses en place, mais je pense que la commune se débrouille déjà bien. Mais par exemple, je suis convaincu que moins il y a d’herbicides et de pesticides, mieux c’est. Je ne sais pas comment ça se passe ici, mais je sais que commencer par les espaces publics et conscientiser la population est très important. Ittre est une commune où on encourage à mettre des haies. Ça je le sais parce que j’en ai profité ! Ici, j’ai aussi des voisins qui ont des prés très fleuris. Ce sont toutes des choses qui peuvent paraître petites, mais qui, mises ensemble, permettent de réinstaller une biodiversité dans nos jardins. C’est un combat permanent.

Vous êtes un lecteur assidu du Petit Tram. Qu’en pensez-vous ?

J’adore le Petit Tram. Je n’ai pas le temps de m’investir dans la vie communale. Mais quand je rentre, je le lis toujours, surtout les pages du Conseil Communal. C’est un bel outil de démocratie locale pour moi. Grâce à ça, je peux savoir ce qui se passe. D’ailleurs, je me suis toujours demandé comment ils faisaient le compte-rendu. Mais plus sérieusement, j’en parle souvent avec certains de mes amis qui sont actifs dans la vie de leur commune, parce que c’est vraiment quelque chose de bien ici à Ittre. Et pour la petite anecdote, la toute première photo que j’ai publiée, c’était dans le Petit Tram. Je devais avoir 14 ans, et j’avais vu une annonce qui disait qu’ils cherchaient des photographes. J’avais donc pris mon appareil à un débat communal, et ils avaient gardé mon cliché pour le publier ! Ils avaient fait une faute dans mon nom, mais ce n’était pas grave, j’étais très content. Et maintenant, je publie dans Paris Match… C’est donc une réelle affection que j’ai pour le Petit Tram.

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