Le labyrinthe de Pan

Fées, faunes, une héroïne à mi-chemin entre l’enfance et l’adolescence, voilà un décor qui pourrait rappeler d’autres films à destination d’un public jeune. Pour le Labyrinthe de Pan, qu’on se le dise tout de suite, il n’en est rien. Le côté un peu cucu de Narnia, la fin heureuse un peu clichée : vous ne retrouverez rien de tout ça dans ce film magnifique de Guillermo del Toro.
D’ailleurs, je précise tout de suite : ceci n’est pas un film pour enfant. C’est un conte de fées, en plusieurs points, mais du genre pour adultes, avec des nombreux passages assez noirs pour vous rappeler à la réalité.
L’histoire est tragique, brutale, cruelle mais magnifique.
Ofelia nous emmène dans un monde magique pour nous extirper de la noirceur de son quotidien.

Ofelia nous emmène dans un monde magique pour nous extirper de la noirceur de son quotidien.

Elle nous emmène dans l’Espagne de Franco, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, auprès d’un capitaine (Sergi López) pourvu d’autant d’arrogance et de cruauté qu’il n’est dépourvu de coeur, de sa jeune et belle épouse, Carmen (Ariadna Gil), dont la grossesse s’avère plus dangereuse qu’heureuse, de Mercedes (Maribel Verdú) la domestique rebelle qui se prend d’affection pour notre héroïne, la jeune Ofelia (Ivana Baquero). Obligée d’appeler le capitaine « Papa », témoin de la faiblesse grandissante de sa mère, elle se réfugie dans ses livres et ses balades pour échapper à ces contraintes.Mais cette histoire (la vraie, celle avec des rebelles, une armée, des êtres humains et leurs vices) n’est qu’une trame de fond pour le véritable conte de fées, le genre de conte avec épreuves à passer, créatures magiques et jolie morale, quoique pas spécialement heureuse. La jeune Ofelia va, en effet, être embarquée par le Faune (Doug Jones) dans un parcours qui lui permettra, s’il est réussi, d’échapper au monde des humains et de vivre heureuse.

Le Faune, maître du Labyrinthe et celui qui changera le destin d’Ofelia

Cette production de Guillermo del Toro est, à mes yeux, savamment menée, tant elle apporte aux spectateurs bien plus que ce que son pitch ne pourrait le laisser croire.

Sur Internet Movie Database :
In the fascist Spain of 1944, the bookish young stepdaughter of a sadistic army officer escapes into an eerie but captivating fantasy world.

Alors qu’on a envie de se laisser transporter par la magie du parcours d’Ofelia, on ne peut s’empêcher de ressentir un malaise devant le côté sombre de cette histoire, et de ses personnages. Ceux-ci, tous très forts à leur façon, permettent d’inspirer au public des sentiments variés : empathie, haine, colère, tristesse, joie, incompréhension, tendresse.
C’est sans doute ce mélange de sentiments et d’impressions post-visionnage qui font du Labyrinthe de Pan l’une de mes très bonnes découvertes ciné de ces dernières années.

(El laberinto del Fauno – 2006 – Guillermo del Toro)

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