Super-héros : l’éternel combat

On peut difficilement évoluer dans la société actuelle sans avoir côtoyé de près ou de loin les super-héros américains : Batman, Superman, Spiderman, les X-Men (mes préférés) sont partout. Au cinéma, à la télévision, en B.D., en t-shirts, sur les fournitures scolaires. PAR-TOUT.

Salut les X-Men, je vais bientôt vous lire, promis !

En février dernier, Arte consacrait à ces super-héros un documentaire en trois parties : Super-Héros – l’éternel combat. En tant que bonne consommatrice de pop culture, je me suis donc (enfin) bien coincée devant la télévision pour les regarder.

Hérauts d’une superpuissance

Au moyen d’interviews d’historiens de la bande dessinée et de témoignages des plus célèbres dessinateurs de comics, Michael Kantor retrace les évolutions d’une industrie dont les héros accompagnent depuis leur création les soubresauts de l’histoire des États-Unis. Un documentaire éclairant sur le rôle joué par ces hérauts de l’American way of life et de la superpuissance de l’Oncle Sam, qui ont fait des comics une industrie multimilliardaire diffusée dans le monde entier.

L’image tirée du générique – ça promet déjà, non ? !

Et de prime abord, l’angle d’attaque me plaît : les super-héros composent la mythologie de la jeune Amérique. Au fil des trois parties, on part à la rencontre de l’histoire américaine, l’Histoire avec un grand h. Puisque, en effet, comme toute forme d’art, les comics sont influencés par la société dans laquelle évoluent leurs créateurs. Depuis 1938, année de naissance de Superman (longtemps super-héros « number one » des U.S.A – même s’il n’a jamais eu ma préférence), on remonte donc le fil de l’évolution des comics à travers les âges.

On y croise Hitler et les représentations (reconnues depuis lors trop) caricaturistes de l’ennemi japonais de l’époque. Wonder Woman est créée après guerre pour rendre hommage à toutes ces femmes qui ont dû prendre en charge des fonctions qui étaient jusqu’alors réservées à des hommes désormais partis se battre. Quand les soldats rentrent au pays, les dessinateurs offrent à leurs lecteurs une vision des héros plus « casanières ».

Tu savais, toi, que Superman a été réformé de l’armée et n’a donc pas pu aller aider les soldats ? Il a lu le panneau de test de vue de la pièce d’à côté ce grand malin. Ah ça, la vision à travers les murs, ça n’a pas que du positif.

Ce documentaire, réalisé sur base d’interviews de nombreux dessinateurs de la belle époque des comics, d’historiens spécialisés en comics (la classe) et qui introduit des tas d’illustrations d’époque, fait mouche sur l’européenne que je suis qui n’a donc pas grandi en tournant les pages des aventures des X-Men (damn, bien qu’étant belge, j’ai eu mon lot de B.D.)

On y apprend donc des tas de choses sur l’histoire américaine, sa société, ses mœurs, ses inquiétudes, ses causes, mais aussi sur l’art du comics en lui-même (oui, je considère que ça en est, de l’art). J’ai, par exemple, été très intéressée par l’influence du Pop Art sur des comics qui avaient alors besoin de se renouveler. Ce passage est mis en parallèle avec une interview d’Andy Warhol (probablement l’artiste Pop Art le plus connu pour des jeunes padawan de l’art comme moi) dans laquelle il déclare que les comics ont bercé son enfance, et donc, sans aucun doute, influencé son oeuvre.

Enfin, et sans être le moins intéressant de ce docu en trois parties, les réalisateurs insistent à plusieurs reprises sur l’influence que les comics ont pu avoir sur la jeunesse (et les adultes même) américains. Conscients que la culture qu’ils offrent au monde est consommée par une majeure partie de la population, les scénaristes et les dessinateurs n’hésitent pas à y intégrer, par exemple, des personnages noirs alors que le combat pour la fin de la ségrégation n’est pas fini. Ou alors, malgré le refus du Comics Code (sorte d’organisme composé par les maisons d’édition elles-mêmes qui doit approuver les contenus des Comics), Spiderman a eu droit à un numéro traitant des aspects négatifs de la drogue, geste salué directement par une série de professions (médecins, professeurs, etc.) qui reconnaissaient et appuyaient donc l’influence que les super-héros pouvaient avoir sur les lecteurs.

Les héros n’ont eu de cesse d’être influencés par et d’influencer la pop culture

Après plusieurs longues traversées du désert, les comics ont toujours su se réinventer, pour arriver aujourd’hui encore à se faire une place sur le marché de l’édition papier. Bien sûr, ils sont portés depuis quelques années par les superproductions cinéma qui ont permis aux héros d’antan de rester au goût du jour.

Bref, vous l’aurez compris, je recommande ce documentaire à toute personne : intéressée par la culture populaire, fan des super-héros, dévoreuse de comics depuis sa plus tendre enfance, ou simplement, qui a du temps à tuer. Chaque épisode dure un peu moins de 55 minutes (pas beaucoup plus long qu’une série donc), et vous permet d’évoluer dans l’histoire petit à petit. Il y a encore un tas de choses dont je n’ai pas parlé ici, mais ça ne m’a donné qu’une envie : découvrir les comics autrement que sur écran (je commencerai d’ailleurs sûrement par les X-Men) Puis, si jamais toi aussi tu veux élargir ta connaissance des comics (version « papier »), tu seras heureux d’apprendre qu’il y en a des tas qui sont libres de droit en 2014, ouiii (en anglais je suppose, mais est-ce forcément une mauvaise chose?)


Episode 1 : Vérité, justice & modèle américain

Où la guerre et la grande dépression jouent un rôle clé dans la propagation d’histoires qui touchent les lecteurs. (YouTube)

Episode 2 : À grand pouvoir, grandes responsabilités

Où les personnages sont humains à la base, puis se font mordre par une vilaine araignée ou sont exposés aux rayons gamma – bref, où les Américains commencent à voir les forces et les craintes qu’engendrent les avancées scientifiques. (YouTube)

Episode 3 : Tous des héros ?

Où les héros passent à la télévision, s’assombrissent sur papier, et ont encore de beaux jours devant eux. (Streaming)

(Les trois parties sont dispos sur YouTube ou autre, merci l’internet!)

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2 thoughts on “Super-héros : l’éternel combat

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