L’appel de la forêt de Jack London

Cela fait quelques temps que je veux lire un livre de London. Choisi un peu au hasard, juste par le titre, j’ai dévoré L’Appel de la Forêt dans l’avion de retour de mes vacances. Pas de quoi se vanter, le livre est très court. Et pourtant, l’histoire de Buck est aussi très intense.

Quelle ne fut pas ma surprise, d’abord, de constater que mon héros est un chien. Majestueux, qui impose le respect dans la propriété du juge Miller, dont il est le compagnon. Un de ces chiens dont on reconnaît dans les traits une sorte de grâce naturelle, une présence à la fois sauvage et humaine. Et tout ça, c’est ce que je ressens dès les premières pages du roman.

Peu habituée à avoir un animal comme personnage principal, cela ne m’arrête pas. L’écriture fluide de London me permet de souffrir avec Buck, lorsqu’il est arraché à ce foyer si confortable pour connaître le dur labeur du grand nord. Je suis grisée avec lui lorsqu’il traverse les grandes étendues de l’Alaska avec son attelage. Je comprends cet appel qu’il ressent, vers la vie sauvage et je comprends aussi cet amour qui le liera à l’humain.

Deep in the forest a call was sounding, and as often as he heard this call, mysteriously thrilling and luring, he felt compelled to turn his back upon the fire and the beaten earth around it, and to plunge into the forest, and on and on, he knew not where or why; nor did he wonder where or why, the call sounding imperiously, deep in the forest.

Jack London réussit à nous faire ressentir un peu de Buck. Bien qu’il ne cherche pas à l’humaniser, il n’hésite pas à voir le monde au travers des yeux de ce chien-loup. La sauvagerie animale. La volonté humaine de dominer. L’amour qui peut lier un animal à un homme. Le respect mutuel qui peut s’installer entre eux. L’incompréhension que nombre d’entre nous a des vies qui ne sont pas humaines.

A la fin de mon édition, Jack London répond à des critiques faites par le président Roosevelt et John Burroughs (un auteur plus âgé que Jack London), qui le taxent tout deux de « maquilleur de la nature », du fait qu’il puisse prêter aux animaux de la raison, aussi primaire soit elle. Ses détracteurs prétendent que seul l’instinct, fruit de millénaires d’hérédité, influe sur les actions animales. Les animaux ne peuvent réagir à une situation que parce qu’un de leurs ancêtres y a déjà fait face, et que c’est écrit quelque part en eux. Ce à quoi London répond par une série d’exemples qui prouvent que les animaux sont aussi capables d’adapter leur comportement et ainsi, de faire preuve d’un tant soit peu de raisonnement et d’apprentissage. Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce qu’à la lecture de ce document, cela appuie le mini coup de cœur que j’ai eu pour ce livre. Oui, comme London, je crois que Buck et les autres évoluent sans cesse et font preuve de bien plus que d’instinct. D’ailleurs, London n’hésite pas non plus à parler lui aussi de cette chose qui sommeille dans Buck et qui est inscrit en lui, remontant à ses plus lointains ancêtres, avant qu’ils ne soient domestiqués. (si vous voulez en savoir plus sur la controverse, Wikipédia explique un petit peu le schmilblick)

And when, on the still cold nights, he pointed his nose at a star and howled long and wolflike, it was his ancestors, dead and dust, pointing nose at star and howling down through the centuries and through him.

Ce livre m’a énormément touchée. Comme je le mets, à aucun moment je n’ai eu l’impression que London essayait de rendre Buck humain. On ne parle pas ici d’anthropomorphisme, à la Disney par exemple. Buck est un chien, il agit comme un chien, et son histoire touche. J’ai hâte de poursuivre ma découverte avec Croc-Blanc et d’être une fois encore emportée par son écriture.

abc2016

Challenge ABC 2016 : 2/26

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6 thoughts on “L’appel de la forêt de Jack London

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  3. Bonjour Julie, William Burroughs né en 1914, est l’écrivain halluciné de la Beat generation, ami de Kerouac et de Ginsberg, dont les thèmes sont plus orienté vers la drogue, l’homosexualité et l’anticipation que vers les grands espaces. A ne pas confondre avec John Burroughs, né 1837, le naturaliste, c’est de lui dont il s’agit et avec qui London s’accroche dans cette « Nature fakers controversy ». Cette petite distinction faite, je suis d’accord, l’appel de la fôret est un pur chef d’œuvre.

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