Dans ma bédéthèque #5

On continue aujourd’hui avec deux BD’s « one shot », qui ne font donc a priori pas partie d’un cycle (s’il y a un terme plus spécialiste pour désigner ces bd’s, n’hésitez pas à m’instruire en commentaires). Toutes deux touchent à des sujets sensibles, qui me touchent.

La Présidente (Farid Boudjellai & François Durpaire)

Intelligent, interpellant, inquiétant. Un petit autocollant l’annonce dès la couverture « Vous ne pourrez pas dire qu’on ne saviez pas. » Dans cette BD, les auteurs ont imaginé ce qu’il se passerait dès mai 2017, suite à l’élection de Marine Le Pen. Ils l’expliquent rapidement en prologue de la BD : ce postulat est basé sur des tas de « si », et il s’agit bien là d’une uchronie. Toutefois, cette uchronie est creusée, avec des spécialistes économiques, en politique étrangère, en matière de sécurité, etc.

Loin d’être spécialiste de la politique française, tout comme bon nombre de personnes, vivant en France ou non (puisque je suis Belge, je vous le rappelle), j’ai pu être témoin de la remontée inquiétante et maîtrisée du FN dans les votes des Français. Et tout comme la plupart des gens, je sais que se profilent des élections présidentielles où une issue bleue marine ne peut pas être balayée, à l’heure actuelle. Et ça, ça me fait peur. C’est donc très intéressée que je me suis lancée dans la lecture de cette BD quelque peu atypique. Et tout au long de ma lecture, j’étais glacée de m’imaginer que ça arriverait peut-être vraiment.

Peut-être cette BD fait-elle preuve de tellement de réalisme et de maîtrise que la fin, pourtant digne d’une uchronie, me laisse un goût de trop. Mais en-dehors de ce petit faux pas, je ne peux que conseiller la lecture de cet ouvrage. Vite. Histoire qu’on soit de plus en plus nombreux à être prévenus, justement.

Alcoolique (Jonathan Ames & Dean Haspiel)

Encore une fois, il s’agit d’une thématique assez dure. Je lis sur la quatrième de couverture qu’elle est traitée avec humour – mouais, un tout petit peu alors. Elle n’en est pas moins réussie.

Il s’agit ici de suivre un personnage qui nous parle, à nous lecteur, ouvertement de son alcoolisme, de sa difficulté à refuser un verre malgré le mal que ça lui fait. On suit sa guérison, sa replongée et ses questionnements. On suit ses déboires, et Jonathan A. nous explique tout au long du récit ce qu’il se passe également dans son esprit : les causes de son alcoolisme, pourquoi il choisit à plusieurs reprises le déni, etc.

Une fois encore, la thématique me touche personnellement, et l’effet est réussi. Les dessins de Dean Haspiel appuient mon accrochage à ce roman graphique, simples, en noir et blanc, et parfois très expressifs quand on creuse.

Décidément, tout ce qui sort de la BDthèque de mon Papa pour atterrir dans la mienne me permet de continuer à découvrir ce que j’aime dans ce neuvième art.J’arrive d’ailleurs à court de BD’s, je vais devoir me refournir bientôt, et donc, je te le demande public bédéphile – je prends quoi selon toi ?

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