Le bonheur national brut, de François Roux

Gros coup de coeur pour un titre, je me retrouve, en fin de lecture, avec des sentiments mitigés et contraires. Avec son Bonheur National Brut, François Roux a réussi à m’émouvoir aux larmes. Deux fois. Pourtant, il a aussi réussi à m’ennuyer. Souvent. C’est donc perplexe que je quitte cette lecture – sans trop savoir ce que je peux vous en dire.

Au début de l’histoire, Paul, Rodolphe, Tanguy et Benoît s’apprêtent à passer leur bac. Mitterrand s’apprête quant à lui à être élu. Nous sommes en 1981. Lorsque le livre se finit, nous sommes en 2012. Cette fois, c’est Hollande qui passe.

J’ai soudain envie de ne plus rien prendre au sérieux, et surtout pas le fait de me sentir heureux. […] C’est certain, le bonheur n’est pas du tout une affaire sérieuse. C’est même, j’en suis convaincu, la seule chose au monde que l’on devrait prendre à la légère.

S’écoulent donc plus de trente ans au côté de ces quatre amis aux caractères et aux aspirations fort différentes. C’est sous la plume de Paul que nous sont révélés une série d’épisodes de la vie des quatre amis – leur bac, leurs rêves, leurs amours, leurs désillusions, etc. Ces épisodes, parfois anecdotiques, nous font appréhender une série de questionnements ou de thématiques (politique, homosexualité, accomplissement de soi, amitié, etc.)

Je dois vous avouer que ce livre réussit à merveille à nous passionner tout en nous désintéressant, parfois. Mais je considère, tout bien réfléchi, ce paradoxe comme une belle réussite. Avec nous, l’auteur partage finalement la vie de ces quatre protagonistes. Et la vie manque parfois d’intérêt.

Tu as vécu dans le vacarme des hommes, non pas en te bouchant les oreilles, comme tant d’autres le font, mais en tentant de toutes tes forces de l’apaiser.

Le Bonheur National Brut est donc un roman de vie, chose à laquelle je ne m’attendais peut-être pas réellement au moment où j’ai eu ce coup de coeur énorme pour le titre interpellant. Même si je reste mitigée face à toutes ces impressions contradictoires que me laisse ce livre, je veux ne retenir que ses aspects positifs et sa capacité à nous faire vivre trente ans, multipliés par quatre personnages extrêmement différents – mais tous vivant avec une capacité extraordinaire à douter d’eux, encore et toujours.

Ne vous attendez pas à 750 pages de Bonheur, mais à 750 pages de vie, pure et (parfois) dure.

Et si le bonheur d’une vie était constitué, justement, de la fragile accumulation de secondes aussi merveilleuses que l’était celle-ci ?

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Second goal marqué dans le cadre de mon défi Euro 2016 des livres.

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3 thoughts on “Le bonheur national brut, de François Roux

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