La Pitié Dangereuse, de Stefan Zweig

Tant bien que mal, je me rapproche de la fin des prolongations de mon Euro 2016 des livres. Et cette fois, c’est un de mes défenseurs qui me permet de marquer un goal, puisque je clôture La Pitié Dangereuse de Stefan Zweig.

J’avais lu le Joueur d’Échecs du même auteur, et avais alors beaucoup apprécié sa façon de nous conter les histoires. Avec la Pitié Dangereuse, il annonce dès le début qu’il n’est là que pour retranscrire les histoires qu’on lui raconte, ce qui a tout pour me plaire.

« On ne prête qu’aux riches » – cette parole du Livre de la Sagesse, tout écrivain peut la reprendre à son compte : « On ne se raconte qu’à ceux qui ont beaucoup raconté. » Rien n’est plus faux que l’idée reçue selon laquelle l’imagination de l’écrivain est sans cesse à l’oeuvre, et qu’il trouve dans cette inépuisable réserve ses histoires et ses personnages. En vérité, au lieu d’inventer, il lui suffit de laisser venir à lui les figures et les événements : s’il a su préserver ce don qui lui est propre, de voir et d’entendre, ils viendront toujours différents se présenter au conteur qu’il est. Car à celui qui a souvent expliqué les destinées, beaucoup d’hommes viennent conter la leur.

Oui, mais voilà. J’ai ici une histoire de 490 pages qui a tout de la nouvelle, si ce n’est la longueur. J’ai donc eu parfois du mal à vouloir rester dans le fil d’une histoire qui, par moments, n’avançait pas. Je reconnais toutefois encore le talent d’écriture de Zweig, qui arrive, d’une traite, à nous conter une histoire qui pourrait paraître pourtant banale.

Je vous avouerais également avoir eu un léger problème avec le personnage principal, le lieutenant Hofmiller, qui donne par trop l’impression de subir littéralement sa vie et de ne pas réellement être maître de ses décisions. Cela illustre l’évidence qu’on veut nous démontrer dans le livre, à savoir que la pitié peut vous rendre esclave, mais j’ai besoin de personnages plus charismatiques pour entrer entièrement dans une histoire. Comme le Candide de Voltaire, ou l’Etranger de Camus, si le talent est indéniable pour l’auteur, mon empathie envers le personnage est nulle ou presque. Et de ce fait, l’histoire est plus dure à apprécier pour moi.

Mais c’est donc toujours convaincue par l’écriture de Zweig, mais un peu mal à l’aise par rapport à ce nouveau bout de vie qu’il nous rapporte que je clôture ma lecture de la Pitié Dangereuse.

Je lis quoi, de Zweig, pour poursuivre ?

1606920_10152519587471506_9095949074141335218_n

Neuvième goal marqué dans le cadre de mon défi Euro 2016 des livres. (dans les prolongations)

Advertisements

4 thoughts on “La Pitié Dangereuse, de Stefan Zweig

  1. Je te conseille 24 heures dans la vie d’une femme, lettre d’une inconnue et la confusion des sentiments. J’avais moins aimé lettre d’une inconnue. Sinon, pour une nouvelle hyper efficace de lui, il y a « un soupçon légitime ». De mon côté, je tenterai quand même ‘la pitié dangereuse » ! 😉

  2. Je n’ai pas encore lu celui-ci, mais j’ai très envie de le faire. Je suis fan de l’écriture de Zweig et de ses nouvelles. Je te conseille La confusion des sentiments et Vingt quatre heures de la vie d’une femme qui sont géniales ! 🙂

  3. Ping : Challenge – Euro 2016 des Livres | Les écrits de Julie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

You are commenting using your WordPress.com account. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

You are commenting using your Facebook account. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

You are commenting using your Google+ account. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s