The Handmaid’s Tale (#OurSharedShelf #12), de Margaret Atwood

Our Shared Shelf 12 Juz ? Mais la dernière fois que tu as présenté un livre OSS, c’était le 10. Et oui, j’ai sauté une case exceptionnellement et mis de côté Women who run with the wolves, parce que je t’avoue qu’il me fait peur par sa taille, sa possible complexité et le fait que ce ne soit pas un roman, et je suis passée directement à celui qui me faisait envie depuis quelques temps.

The handmaid’s Tale a été fortement discuté cette année sur la blogosphère, notamment à cause de son adaptation en série (que je n’ai pas vue, mais que je vais ENFIN pouvoir visionner). Du coup, comme à chaque fois que quelque chose est prisé, les attentes peuvent être placées trop haut.

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C’est un peu ce qui m’aura poussée à avoir une lecture extrêmement lente de cette sélection Our Shared Shelf (deux mois pour le lire – et il n’est pas si long). J’avoue que je me suis lancée dans la version anglaise assez confiante. Finalement, j’ai lu pas mal en anglais ces dernières années, et ça ne m’a jamais bloquée – ralentie au pire. Mais là, je n’y arrivais pas. Je lisais trois pages et puis j’étais lassée. L’écriture de Margaret Atwood dans ce livre est particulière, très hachée je trouve. J’avais énormément de mal à m’y retrouver – elle passe de la situation que vit son héroïne à des flashbacks sans vraiment annoncer qu’on change de temporalité, les anecdotes, les flashbacks et les faits marquants sont mélangés et imbriqués. Bref, je n’y arrivais pas. Pourtant, j’aimais bien ce que je lisais. Mais j’étais bloquée.

Du coup, chose qui ne m’était jamais arrivé, mais je suis passée à la version française au bout d’un moment. J’avoue que j’étais un peu frustrée d’être bloquée sur un roman aussi longtemps. Et là, ça s’est plus ou moins réglé. La traduction aura au moins enlevé les complications liées à la langue, et j’ai pu avancer dans ma lecture à un rythme bien plus régulier et apprécier les événements. Je dois avouer qu’au vu des discussions sur GoodReads, je ne suis pas la seule dans le cas : OUF.

Pour le fond de l’histoire, il est évidemment très intéressant et interpellant. Il y a des tas de choses qui sont remises en question dans cette dystopie. Mais puisque je l’ai lue dans le cadre d’un bookclub féministe, c’est évidemment la place et le rôle donné à la femme qui m’auront le plus marquée dans cette société nouvelle.

ATTENTION, quelques éléments spoilers suivent.

On suit l’histoire de « Offred », dont le rôle est « simplement » de tomber enceinte pour une famille puissante. Mais aucune des femmes qui l’entoure n’a l’air d’avoir une vie idéale : les épouses semblent se réfugier dans des occupations creuses, les Martha’s sont finalement réduites au rôle de servantes. Et ce qui s’apparente le plus à de la liberté semble être le rôle de prostituée (secrète, parce que non tolérée par le régime). Gilead est une société dans laquelle les hommes ont les meilleures positions – même s’il faut avouer que pour eux non plus, le régime totalitaire ne semble pas parfait.

D’autres éléments importants apparaissent dans le récit : la docilité face à un régime totalitaire et en parallèle, les formes que peuvent prendre une rébellion. Une dimension écologique semble apparaître aussi, puisque les femmes déportées dans les colonies sont utilisées pour ramasser les déchets toxiques – la société qui a mené à Gilead était donc polluante au possible.

Dans Gilead, la culture a aussi été bannie – ce qui est un élément commun des meilleures dystopies. Comment créer des personnes loyales au régime si on leur donne l’occasion de réfléchir, au fond ?

Je suis vraiment heureuse d’avoir découvert ce récit, et je pense sincèrement qu’il me faudrait une seconde lecture pour y déceler toute la critique de notre société – je ne suis donc actuellement pas totalement emballée par The Handmaid’s Tale. Mais pour cette première lecture, je suis satisfaite et j’avoue que j’ai hâte de découvrir la mise en images.

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Ce livre était aussi au menu du Club de lecture du Petit Pingouin Vert pour octobre 2017, ce qui m’avait motivée à le finir dans les temps – mais non 🙂

11 thoughts on “The Handmaid’s Tale (#OurSharedShelf #12), de Margaret Atwood

  1. Je pense que la série te parlera plus. Ils ont approfindi certains aspects du livre, en ont développé d’autres. Et les flashbacks sont plus « compréhensibles » qu’à la lecture. A mon avis, cette écriture hachée est voulue, pour rendre le côté « ma mémoire me ratrappe malgré moi » et « des fois je sombre sans m’en rendre compte ». Mais effectivement c’est assez déroutant. J’ai vu la série avant de lire le livre, et donc j’avais déjà les images et la ligne directrice de l’histoire, je pense que cela m’a en fait aidée avec le livre.

  2. Ping : #Popsugar #ReadingChallenge #2017 | Les écrits de Julie

  3. Ping : Mon année 2017 : pas aussi livresque que souhaitée ! | Les écrits de Julie

  4. Ping : Why I’m no longer talking to white people about race (#OurSharedShelf #16), de Reni Eddo-Lodge | Les écrits de Julie

  5. Ping : Défense des droits des femmes, de Mary Wollstonecraft | Les écrits de Julie

  6. Je suis hyper frustrée parce que j’ai voulu lire ce livre dès que j’ai entendu parler de son adaptation en série. Du coup j’ai acheté le bouquin pour commencer la lecture, dans le courant de l’été dernier… et impossible d’aller jusqu’au bout. J’ai dû m’arrêter, si mes souvenirs sont bons, à un petit tiers du livre. Et pourtant le thème de ce bouquin me donnait vachement envie, mais impossible d’accrocher, je ne sais pas pourquoi. Le problème, c’est pas que je n’aime pas, juste que je n’ai pas réussi à me plonger dedans. Du coup je l’ai laissé de côté quelques mois… là je suis en train de terminer « Captive » (Alias Grace), qui a aussi été adapté par Netflix. J’espère pouvoir reprendre la lecture de « La servante écarlate » bientôt !

    • L’écriture est vraiment particulière pour se plonger réellement dedans, et on ne comprend qu’à la fin que cette façon d’écrire est en fait un des éléments de l’histoire. Mais j’avoue que j’ai eu bien plus du mal que je ne l’aurais cru !

  7. En fait je crois que ce qui me dérange (et j’ai la même gêne avec Captive), c’est que le rythme du récit est vraiment très lent. Alors après, je me doute que cette façon d’écrire fait partie intégrante de l’histoire, mais la vache, par moment c’est laborieux ! Pourtant je n’ai pas de soucis avec les récits qui prennent le temps de s’installer, mais là, j’ai l’impression que l’installation se fait sur la totalité du bouquin. Et le problème, c’est qu’on n’a pas envie de refermer le livre pour autant, parce que l’intrigue même de l’histoire nous donne envie d’en savoir plus. Très forte cette Margaret 🙂

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