Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse (#Kube – #11), de Louise Erdrich

Tu le sais, j’essaye de profiter de ce début d’année pour rattraper mon retard de lecture dans différents aspects (clubs de lecture féministes ou Kube, par exemple). Et j’essaye surtout de faire baisser le nombre beaucoup trop élevé à mon goût de livres non-lus qui sont dans ma bibliothèque (je n’en ai plus achetés depuis bien trop longtemps, c’est dur).

Dans la liste des Kube, ce livre de Louise Erdrich était le suivant sur ma liste (puisque j’essaye de le les lire par ordre de réception). Mais je dois t’avouer que les critiques relativement unanimes sur son livre sorti en français début 2018, LaRose, et plus largement sur l’autrice, via le groupe Picabo River Book Club ont fait que j’étais même impatiente de pouvoir enfin le sortir.

Bon. Je t’avoue que je ne sais plus trop ce que j’avais demandé pour celui-ci, tiens. En regardant un peu dans mes anciennes demandes Kube, je ne sais pas trop. Peut-être ça « Un livre sur des bonnes résolutions, un nouveau départ, un changement de vie. » Oui, ça peut correspondre.

Mais donc, verdict ?

Et bien la Kube a encore une fois fait mouche, puisqu’on est très très proches du coup de cœur ! Je ne sais d’ailleurs pas vraiment ce qu’il me manquait pour que ça en soit un, mais il y avait un petit quelque chose d’absent en tout cas.

Dans ce livre, nous sommes plongés dans une réserve indienne (fictive) en Amérique, dans laquelle un prêtre est chargé de convertir les Indiens, et d’être à la disposition de cette communauté. L’histoire s’étale sur plusieurs décennies, et c’est extrêmement prenant ! On va y suivre le Père Damien pendant toute sa vie dans la réserve, et même avant. On suit ce qui a fait qu’il est devenu le prêtre de cette réserve, ce qu’il a pu observer et vivre pendant ces dizaines d’années avec les Indiens, qui pour certains sont devenus de vrais amis. On suit également dans ce livre les remises en question du Père Damien par rapport à sa mission, au rôle qu’il doit jouer, à des questions personnelles.

Dans le titre du livre, on parle des miracles de Little No Horse, et c’est autour des éventuels miracles de Sœur Léopolda que tourne l’histoire – même si tout cela n’est pas la part la plus importante du récit. Le Père Damien a consigné sa vie et son expérience dans la réserve, et a plusieurs fois envoyé des rapports au Pape – qui, au bout de dizaines d’années, dépêche le Père Jude sur place afin qu’il fasse son rapport. En racontant l’histoire de la réserve et de Sœur Léopolda, Père Damien va donc revenir sur une grande partie de ce qu’il a vécu depuis qu’il est arrivé à Little No Horse.

Certaines personnes souffrent en s’accrochant à l’amour de leur entourage, d’autres en rejetant toute compagnie. Certaines souffrent avec des larmes, et d’autres avec de secs hurlements. Certaines souffrent comme l’eau, d’autres brûlent. Certaines sont du combustible pour le feu du chagrin, et d’autres sont de la pierre.

Les questionnements du Père Damien envers sa foi m’ont énormément plu dans ce livre, et finalement, tout le trouble autour de ce personnage est intéressant. A plusieurs reprises, Père Damien va pencher plus vers les croyances indiennes que vers le catholicisme, et on le voit constamment en prise avec des questions d’éthique et de bonne pratique religieuse. Ce n’est peut-être pas là l’intérêt du récit pour tous les lecteurs, mais je dois reconnaître que c’est un aspect de ce livre que j’ai beaucoup apprécié ! Cette plongée dans une réserve indienne à une époque où les Indiens se faisaient piller leurs terres contre rien par de grosses industries est aussi une expérience de lecture très intéressante. J’avoue que c’est une histoire que je connais peu, mais qui – je pense – mérite que je la creuse, vu cette première découverte.

L’écriture m’a totalement transportée également. J’ai lu une version traduite, mais je pense sérieusement à découvrir la plume en anglais dans un prochain livre de l’autrice. D’ailleurs, le Picabo River Book Club est unanime – Dans le silence du vent est un très bon choix comme future lecture de Louise Erdrich ! Vous en entendrez donc encore parler ici =)

Il y a quatre couches au-dessus de la terre et quatre couches en dessous. Parfois dans nos rêves et nos créations nous traversons ces couches, qui sont aussi l’espace et le temps. En prononçant le mot nindinawemaganidok, ou les miens, nous parlons de tout ce qui a existé dans le temps, le connu et l’inconnu, le visible et l’invisible, l’évident, tout ce qui a vécu auparavent ou qui vit maintenant dans les mondes au-dessus et en dessous.

Retrouvez le Picabo River Book Club sur Facebookbanni25c325a8re2b7

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7 thoughts on “Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse (#Kube – #11), de Louise Erdrich

      • Ahaha ben écoute j’en suis ravie ! On a des goûts assez similaire en plus (ça doit être une histoire de prénom !) donc c’est toujours de très bonnes découvertes et ça donne plein d’idées !

  1. C’est encore moi ! Juste pour te remercie de m’avoir fait découvrir Kube, je viens de m’abonner et j’espère avoir d’aussi belles découvertes que toi ! Tu as vraiment un chouette blog, et j’aimerai pouvoir, à terme, faire en sorte que le mien soit aussi riche que celui là ! Bonne soirée 🙂

  2. Ping : My absolute darling, de Gabriel Tallent | Les écrits de Julie

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