My absolute darling, de Gabriel Tallent

Avant de rentrer dans le vif du sujet, laisse-moi te dire toute ma déception envers moi-même dans une anecdote pour ce livre. Je l’ai découvert via le Picabo River Book Club (oui, je suis dans ma période littérature américaine – mais ils arrivent vraiment à vous donner envie là-bas, c’est dingue). Léa, la créatrice du groupe, avait réussi à nous dégoter un partenariat avec Gallmeister pour ce livre. J’ai tenté ma chance, il me faisait TELLEMENT envie. A la fin du partenariat, Léa annonce qu’il n’y aura finalement pas de sélection, TOUT LE MONDE va recevoir le livre. DINGUE. Oui enfin, moi pas. Non parce que bon, pour le recevoir, il fallait éviter de se tromper dans l’adresse mail de Léa – Bravo Juz. Bref, je me le suis pris en numérique malgré tout, parce que les critiques partagées suite au partenariat étaient toutes d’accord sur le fait que ce livre était génial. Et je peux donc enfin t’en parler !

Et bon sang que je suis heureuse de ne pas avoir attendu et d’avoir craqué ! Ca m’a permis de faire la connaissance de Turtle, le personnage principal de ce premier roman de Gabriel Tallent. En réalité, Turtle s’appelle Julie Alveston, mais elle préfère Turtle.

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Turtle, c’est un petit bout de femme de quatorze ans, qui grandit avec son père dans une petite ville de l’Ouest américain. Il ne faut pas attendre très longtemps pour se rendre compte que Turtle n’a pas grandi comme les autres enfants. Son père, Marty, lui a appris à se débrouiller dans la nature, à tirer avec différents types de fusil, à détester les femmes, à se détester elle-même.

Tu es censée arriver à cette porte, et être convaincue que l’enfer t’attend de l’autre côté, être convaincue que la maison est pleine de cauchemars. Chacun de tes démons enfouis, tes pires frayeurs. C’est ça que tu dois traquer dans cette maison.

On débarque donc, en tant que lecteur, dans la vie de Turtle et on ne peut qu’aimer cette fille et ce qu’elle a réussi à faire de sa vie, malgré tout le reste. On a mal pour elle, parce qu’on sait d’où on est que ce n’est pas normal de grandir comme ça, de vivre ce qu’elle vit. Mais on est dans sa tête. Si on comprend vite que la vie de Turtle n’est pas banale et joyeuse, on comprend aussi que Turtle a de la ressource pour affronter cela, et qu’elle est bien plus grande que son père aimerait lui faire croire.

Un peu comme Jacob et Brett, qu’elle rencontre dans la forêt et qui sont eux deux ados on ne peut plus normaux, on voit en Turtle quelqu’un qui peut tout accomplir, se sortir de toutes les situations et réussir. Mais la lecture est difficile, parce que la seule qui semble ne pas voir cela, c’est Turtle justement.

Continue à observer avec autant d’attention. Continue comme ça, à observer comme si tu ne connaissais rien, à comprendre de quoi il s’agit vraiment. C’est ça qui permet à une petite puce d’être calme et silencieuse pendant qu’elle marche dans l’herbe. Observe les choses pour comprendre ce qu’elles recèlent, ma puce, toujours, toujours.

Je vous avoue qu’on ne sort pas indemne de cette lecture. L’auteur y a mis beaucoup de ce que l’humanité peut faire de plus crasseux et mauvais, mais en même temps, la force et le charisme de Turtle font qu’on ne perd jamais vraiment espoir pour elle.

Est-ce qu’on peut dire que Turtle finit par s’en sortir ? De notre point de vue, je dirais qu’on peut le penser. Mais de son point de vue, on comprend que ce n’était peut-être pas l’histoire qu’elle imaginait pour elle. Après tout ce qu’elle a traversé, il serait fou de croire que cette fin puisse être considérée comme étant totalement heureuse. La relation que Turtle et son père ont est finalement bien trop complexe pour qu’elle s’en sorte comme cela.

My absolute Darling, c’est donc une histoire comme on en voit que rarement, une histoire d’amour mais aussi de haine, une histoire de résistance mais aussi de soumission, une histoire de loyauté mais aussi de trahison. Le personnage de Turtle est à la fois extrêmement complexe, mais régit par des réactions parfois tellement simples et évidentes qu’elle semble parfois réagir aux instincts les plus primaires. Les personnages secondaires, qui veillent sur Turtle, ont tous un côté très attachant et ajoutent cette petite note « positive » dans l’histoire, puisqu’ils poussent tous Turtle à voir qu’elle vaut bien plus qu’elle ne le pense.

Peut-être que toute chose est en quête de ses limites et fuit son centre pour mourir ainsi.

Enfin, il faut donc souligner qu’il s’agit d’un premier roman pour l’auteur Gabriel Tallent, qui a donc tout de suite tapé très haut. Son livre est rempli de moments où Turtle vit des choses horribles et très dures, mais finalement l’horreur n’est pas manifeste, mais plutôt suggérée. L’écriture ne plonge pas dans des détails sordides inutiles, mais installe suffisamment le contexte pour que l’ambiance nous plonge dans la crasse.

J’ai tendance, ces dernières années, à lire plusieurs livres à la fois. Mais pour My Absolute Darling, il m’était impossible d’aller voir ailleurs ! Je n’ai pas pu le lâcher pendant la semaine. Je me suis sentie mal à l’aise à plusieurs moments de ma lecture, mais j’avais besoin de savoir, de comprendre, d’avancer avec Turtle – et j’ai donc été happée et étouffée par le trop plein d’événements et d’émotions compliquées qui jalonnent sa vie. C’est sans aucun doute une lecture que je n’oublierai pas tout de suite !

Retrouvez le Picabo River Book Club sur Facebookbanni25c325a8re2b7

12 réponses sur « My absolute darling, de Gabriel Tallent »

  1. Il est dans ma bibliothèque, il m’attend et ma lecture ne devrait pas tarder .. je ne vais donc pas lire y’a chronique pour le moment, mais ravie de voir qu’à nouveau nos goûts en matière de lectures sont similaires ! Hâte de pouvoir lire ton article et donner mon avis à mon tour 😉 ! Bonne journée 🙂

    • Haaa. Je comprends que tu ne lises pas. Les chroniques ont défilé sur le Picabo River Book Club pendant des semaines, et comme je savais que j’allais le lire, j’ai tout zappé en attendant de découvrir. Une fois fini, j’ai donc lu une quinzaine de chroniques unanimes ! J’ai hâte que tu le découvres 🙂

      • Ayé j’ai pu lire ta chronique ! J’ai terminé la lecture ce soir, et j’ai commencé à écrire mon billet dans la foulée. Ta chronique est vraiment très juste, et je te rejoins totalement dans ton ressenti. Pour l’instant, c’est le meilleur bouquin que j’ai pu lire cette année !

  2. Ping : La librairie de l’île, de Gabrielle Zevin | Les écrits de Julie

  3. Dur, parfois insoutenable, mais également magnifique, « My Absolute Darling » est un roman fort et poignant qui marque l’entrée en littérature d’un auteur novice mais pétri de talent.

  4. Ping : 28 livres pour 28 ans | Les écrits de Julie

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