Dans ma bédéthèque S03#11

Sans le faire exprès, ce rendez-vous aura exceptionnellement une thématique commune puisque les deux BD’s donc je vais parler aujourd’hui (cinq en fait, mais il y en a quatre qui composent une même saga) prennent place dans le cadre de la guerre 40-45, mais sous des points de vue totalement différents. La première nous emmène dans une petite ville belge, et la seconde nous plonge au cœur des troupes allemandes. Ça te dit ?

Les Louves (Flore Balthazar) (Editions Dupuis – Collection Aire Libre)

IMG_20180511_135201Les louves, ça fait des semaines que je le vois passer à gauche et à droite, mais sans craquer. Jusqu’à ma visite du Bastogne War Museum. Je dois avouer que sur place, je n’ai pas su résister… Et c’est tant mieux.

Les Louves, c’est donc l’histoire de ceux qui sont restés en Belgique pendant la guerre 40-45 : les femmes, les enfants. Pour être plus précis, ils sont restés à La Louvière. A 25 minutes de chez moi. Marcelle est en fin d’études secondaires lorsque la guerre éclate. Son père est appelé au front. Elle reste avec ses frères et sœurs et sa maman à La Louvière, et continue à vivre, malgré tout. Même si l’école s’est arrêtée quelques temps au début de la guerre, elle reprend finalement et Marcelle peut terminer l’école, et commencer des études d’institutrice à Nivelles (à 10 minutes de chez moi).

Ses petits frères reprennent l’école dans la classe de Madame Marguerite, un autre personnage dont on va suivre le destin dans cette BD. Madame Marguerite va se rapprocher d’un réseau de résistants. Son personnage est inspiré de Marguerite Bervoets. Comme elle, l’institutrice de notre BD va distribuer des journaux écrits par les résistants. Elle se fera prendre en train de photographier une base militaire allemande, et sera emmenée pour des travaux forcés dans les usines Krupps. Elle est morte exécutée.

La BD est vraiment touchante et on suit la famille durant toute la seconde guerre mondiale. On suit avec eux les inquiétudes pour le père parti se battre, les difficultés dues au rationnement, les joies et les tristesses selon les nouvelles partagées par Radio Londres, les résistants et les habitants qui préfèrent collaborer.

J’ai trouvé cette lecture vraiment chouette. Elle est agrémentée en fin de récit de pages de textes permettant de resituer le vrai du faux. Il faut savoir que Marcelle, l’une des filles de la famille que l’on suit est en fait la grand-mère de Flore Balthazar. L’autrice s’est appuyée sur les carnets écrits par Marcelle depuis le début de la guerre et jusqu’à quelques années après la libération pour nous livrer de façon très sensible l’histoire de ceux qui sont restés en arrière, mais qui ont quand même vécu la guerre.

L’armée de l’ombre – Tomes 1 à 4 – L’hiver russe / Le réveil du géant / Terre brûlée / Nous étions des hommes (Olivier Speltens) (Editions Paquet – Collection Mémoire 1939-1945)

IMG_20180514_092541_350Avec L’armée de l’ombre, dont j’ai dévoré les quatre tomes en un week-end, nous partons cette fois dans le troupes allemandes qui combattent sur le front russe. Là aussi, nous allons suivre les personnages pendant une bonne partie de la guerre 40-45.

Si nos militaires allemands sont assez confiants en début de BD, ça ne sera pas le cas tout au long des combats. Une fois arrivés en Russie, ils doivent déjà vaincre un ennemi qu’ils n’attendaient pas : le froid.

Au fil des petits morceaux de guerre que l’auteur nous partage, on sent grandir la désillusion chez ces militaires qui pensaient avoir une victoire facile. Plus l’histoire avance et moins Ernst Kessler et ses amis ne se fient aux discours officiels allemands. Eux sont en plein milieu de l’enfer, et ils n’arrivent plus à croire qu’il est possible de s’en sortir.

L’auteur fait un pari qui n’est que très rarement fait quand on traite de la seconde guerre mondiale, il nous montre que les combattants allemands n’étaient finalement que des hommes comme les autres. Ils pointent certains extrémismes, notamment chez les soldats de la SS (notre unité fait partie de la Werhmacht), devant lesquels il ne vaut mieux pas émettre des doutes quant aux options stratégiques douteuses des supérieurs. Il décide de montrer que pour la plupart des militaires présents sur le front, ce combat n’est pas ce qu’ils ont voulu, et que comme dans les autres camps, ils se contentent de suivre les ordres.

Le tome 4 se termine avec la fin de la guerre et l’arrivée des américains. Et finalement, nos héros sont heureux d’en avoir fini avec tout ça, même si leur camp n’en sort pas gagnant.

J’ai trouvé le ton très juste et cette incursion dans les troupes allemandes est un bon rappel qu’il y avait des bons et des mauvais dans tous les camps.

 

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

You are commenting using your WordPress.com account. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

You are commenting using your Google account. Déconnexion /  Changer )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

You are commenting using your Facebook account. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.