Libres – Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels, de Ovidie et Diglee (Club de lecture féministe de Carnet Parisien #7)

On se retrouve avec une nouvelle sélection du Club de lecture féministe de Carnet Parisien, et il faut avouer que les lectures se suivent, mais ne se ressemblent pas.

Ce mois-ci, c’était Libres – Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels qui était la sélection proposée par Mélusine, et j’avoue que j’appréhendais un peu. Pourquoi ? Parce que je me suis rendu compte que les lectures féministes qui abordaient de près ou de loin les thématiques de sexualité, de vagin, etc. me mettaient mal à l’aise. Comme Les Monologues du Vagin, par exemple.

Et je comprends aussi que la sexualité fasse partie de toute la réflexion qui entoure la question de l’égalité (Ovidie explique aussi bien pourquoi on peut s’accorder sur l’importance de réfléchir aux questions qu’elle aborde). Il n’empêche que les quelques lectures qui s’aventuraient sur ce terrain m’ont toutes fait comprendre que ce n’est pas une discussion que j’aimais avoir. Ces freins sont à eux seuls une réflexion intéressante, puisque leurs causes sont plus que liées à certains points abordés dans Libres.

libres

Et je dois tirer mon chapeau à Diglee et Ovidie. J’en suis la première étonnée, mais avec Libres, c’est super bien passé. Pourtant, ça parle sexualité (dans tous les sens – littéralement), ça parle menstruations, ça parle pilosité. Ce sont des sujets dont je ne raffole pas spécialement, mais les textes d’Ovidie ne m’ont, à aucun moment, mises mal à l’aise !

Pourquoi ? Je pense que c’est simplement parce que son message même implique qu’on n’a pas besoin d’être mal à l’aise ou gênée. C’est écrit dans le titre. On est « Libre ». On est libre de vouloir parler cul, ou pas. On est libre de vouloir avoir des pratiques sexuelles x ou y, ou pas. On est libre de vouloir s’attaquer à nos poils, ou pas.

J’ai l’impression que c’est la première lecture du genre qui ne me juge pas, si je n’ai pas envie d’aborder tout ça, ou même d’y réfléchir. Et pris comme ça, j’avoue que c’est la première fois que je me suis autorisée à me poser certaines questions, ou même à parler de ce que je lisais avec mon compagnon.

Le texte d’Ovidie est rempli d’informations qu’on peut prendre ou laisser là, mais sans que le tout ne soit théorisé, ou revendicateur d’une quelconque position. Chaque tout petit chapitre permet de se poser des questions, de se positionner soi-même… ou pas (oui, encore une fois, mais c’est vraiment bien, je trouve).

vulve

À tout ça, Diglee est venue ajouter sa petite touche graphique, avec des BDs qui ponctuent chaque petit chapitre, et quelques dessins qui permettent d’aérer et de sourire bien souvent, parce qu’on se reconnaît dans la petite situation, parfois.

Le tout est donc une surprise agréable, qui est déjà programmée en lecture chez certains de mes proches. Je ne sais pas si c’est le genre de livre qu’il faut mettre entre toutes les mains. Je suis en tout cas heureuse qu’il soit passé par les miennes, et que je n’ai pas eu les mêmes freins que pour d’autres lectures. Décidément, ces bookclubs me font découvrir des choses vers lesquelles je ne me dirigerais sûrement pas de moi-même.

6 réponses sur « Libres – Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels, de Ovidie et Diglee (Club de lecture féministe de Carnet Parisien #7) »

    • Je dirais que la seule limite est de s’assurer que la personne soit prête à le lire, à avoir une réflexion critique sur ce qui est dit et à se poser des questions sur son rapport à la sexualité, à son image, etc. C’est une lecture légère dans son ton, et à la fois, qu’il ne faut pas prendre à la légère dans la réflexion. Si la personne qui le lit n’est pas prête ou suffisamment mature, je crains que ça ne produise pas le bon effet. Mais encore, c’est pour ça que je me pose la question dans mon texte : je ne sais pas s’il faut le mettre entre toutes les mains. Le ton léger pourrait permettre d’arriver à une réflexion sans s’en rendre compte peut être.

      • Pour l’avoir lu, l’avantage est qu’on peut facilement sauter ce qui ne nous intéresse pas. J’aurais d’ailleurs aimé le lire il y a 10 ans ! Effectivement, la question de la maturité peut se poser, mais d’un autre côté je rejoins totalement ce que tu dis lorsque tu parles du ton léger qui pourrait mener à une réflexion. A dire vrai, j’en suis totalement convaincue ! Il faut juste que la lectrice (ou le lecteur) soit prête, mais ça peut être à 13 ans comme ça peut être à 20 ans. L’avantage est que nous sommes dans une époque où il commence à être plus facile de parler des choses abordées dans « Libres! ».

  1. Tiens, c’est intéressant de lire ton avis, car justement ce qui me freine dans un certain nombre de militantismes actuels, c’est qu’ils jugent encore plus que les gens qu’ils dénoncent. Bon à savoir que ce livre ne soit pas comme ça, alors qu’il est écrit par une spécialiste.

  2. Ping : L’origine du monde, de Liv Strömquist (Dans ma bédéthèque S03#19) (Club de lecture féministe de Carnet Parisien #8) | Les écrits de Julie

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