The Hate U Give (#OurSharedShelf #18), de Angie Thomas

Ce livre est déjà passé un tas de fois dans mon feed, il était partout il y a quelques semaines de ça. Et pour cause, c’est une très bonne surprise, à la thématique plus qu’intéressante. J’étais déjà convaincue par tout ce que j’avais lu, mais le fait qu’Our Shared Shelf le choisisse comme une de ses deux sélections pour mai/juin m’a convaincu qu’il fallait que je le lise enfin. Et vous savez quoi ? Je ne suis absolument pas déçue !

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The hate u give est un livre qu’il faut tout de suite mettre en relation avec le mouvement #BlackLivesMatter, dont la création n’est qu’une conséquence directe des violences policières encore trop nombreuses envers les personnes noires, pour ce que l’on voit souvent dans l’actualité, et plus généralement, une conséquence directe du fait que malgré que tous les hommes soient censés naître libres et égaux en dignité et en droits, tout cela reste bien souvent bafoué – aux Etats-Unis dans le cadre de ce roman, mais ailleurs aussi.

Daddy once told me there’s a rage passed down to every black man from his ancestors, born the moment they couldn’t stop the slave masters from hurting their families. Daddy also said there’s nothing more dangerous than when that rage is activated.

Bon, je ne vais pas refaire le monde dans cet article, il s’agit d’une chronique littéraire. Mais il serait assez difficile d’évoquer ce livre sans parler de sa thématique, de ce qu’il pointe, et sans partager quelques ressources. Je vais donc essayer de faire de mon mieux.

Peut-être, avant de me lancer, vais-je d’ailleurs pointer à quel point ce livre continue de s’inscrire dans une thématique qui me parle décidément beaucoup cette année – puisque je peux le placer dans la lignée de Why I’m no longer talking to white people about race (ressource première à vous partager, puisqu’il s’agit d’un essai extrêmement intéressant et qui permet de prendre conscience de pas mal de choses), ou de No Home, autre roman lu récemment qui évoque la racisme, la ségrégation, les différences de traitement en fonction de traits comme la couleur de peau.

Dans ce livre-ci, on est donc dans une histoire contemporaine et qui peut évoquer bien trop d’histoires faisant la une des informations. Starr, une jeune fille noire de 16 ans, va être témoin du meurtre de son meilleur ami par un policier. Pourquoi ? Parce que le policier en question a considéré que deux jeunes ados noirs en voiture étaient probablement dangereux, et qu’il a donc tiré sans réelle menace. C’est là que l’histoire commence. Va suivre alors toute la procédure policière et judiciaire qui va devoir décider si oui ou non l’officier est coupable de meurtre ou s’il a fait son boulot correctement (je vous laisse deviner quelle option sera choisie), et en parallèle, on va suivre également toute la procédure de révolte que cela va provoquer dans le quartier de Starr, et bien au-delà parfois aussi.

You can destroy wood and brick, but you can’t destroy a movement.

L’histoire n’est pas heureuse, et elle n’est certainement pas facile à traiter. Et pourtant, je trouve que l’autrice a fait preuve d’une justesse incroyable dans son écriture, dans le ton qu’elle donne à chacun de ses personnages, dans le fait d’éviter de tomber dans un monde où tout serait soit bien, soit mal.

Par les différentes avancées du dossier de la mort de Khalil, mais surtout par la voix de Starr, le lecteur a de nombreuses possibilités de se poser des questions, sans que l’autrice ne lui offre de réponses définitives et dogmatiques.

That’s the problem. We let people say stuff, and they say it so much that it becomes okay to them and normal for us. What’s the point of having a voice if you’re gonna be silent in those moments you shouldn’t be?

Par exemple, Starr n’en vient jamais à haïr tous les policiers, parce qu’elle sait qu’il y a aussi des gens qui n’auraient pas tiré dans le cas de l’agent qui était en service ce soir-là, qu’il y a des policiers qui ne s’arrêtent pas à la couleur de peau ou au quartier dans lequel ils se trouvent pour arrêter un jugement. D’ailleurs, Starr aurait du mal à haïr toutes les forces de police, puisqu’elle a un exemple frappant d’un policier dont elle serait fière : son oncle Carlos, qui a toujours été là pour elle.

Starr a également beaucoup de mal à participer aux manifestations (qui se finissent en émeutes, elle le déplore) de ceux qui réclament #JusticeForKhalil. Elle s’indigne même de l’action menée par ses camarades de classe – principalement blancs – qui lancent une manif’ à l’école dans le seul but de rater les cours. Starr a beaucoup de mal avec tout ça, et comme beaucoup lui conseillent, elle va utiliser sa voix pour donner la vérité sur ce qui s’est passé ce soir-là, sur le fait que ni Khalil ni elle ne représentait une menace, mais que Khalil a quand même fini avec trois balles dans le dos, et qu’elle a eu un fusil pointé sur elle tant que les renforts n’étaient pas là. Elle veut croire que sa parole et la justice seront ses meilleures alliées.

Brave doesn’t mean you’re not scared. It means you go on even though you’re scared.

La diversité des personnages est extrêmement intéressante et donne beaucoup de cachet à la réussite de ce livre. J’ai d’ailleurs eu un énorme coup de cœur pour les parents de Starr, et le regard que la jeune fille porte à leur relation. Mais l’autrice nous propose ici une galerie intéressante, avec des personnages noirs qui font le bien, et d’autres qui font le mal, des personnages blancs qui font le bien, et d’autres qui font le mal, des policiers qui font… Bref, vous avez compris.

Le livre est super intéressant, l’écriture fluide, et il donne surtout envie de continuer à creuser la réflexion. Par exemple, Khalil explique à Starr que Thug Life, ce n’est pas la vision qu’on en a aujourd’hui – mais qu’il s’agit en fait d’un acronyme pour « The Hate U Give Little Infants Fucks Everyone », soit «La haine que vous transmettez aux enfants détruit tout le monde». Mais cet article te donnera de meilleures explications. C’était ça, à la base, le message de 2pac. Ce qui me donne envie de creuser 2pac, qui est un rappeur dont j’ignore tout, si ce n’est que son rap est devenu iconique.

Evidemment, je me dois aussi de vous partager le site du mouvement #BlackLivesMatter, directement sur la page Resources, que je vais creuser un peu. Je vois déjà un « Toolkit for White People ».

Enfin, je risque de prendre le temps de regarder « The Black Panthers – All Power to the people » et de venir t’en parler ici, ainsi que de creuser la vie et les enseignements de Malcolm X.

Bref, tu l’auras compris, la thématique m’interpelle et je veux continuer à pousser ma réflexion. D’ailleurs, et finalement, si tu veux suivre quelqu’un dont l’engagement et la réflexion sont bien plus poussés que les miens, il doit y avoir des tas de personnes intéressantes. Mais parce que c’est par là que je me suis aussi posée quelques questions et même si ça peut paraître con, je te conseille de suivre sur instagram Matt McGorry, Asher dans How To Get Away With Murder, qui me plait bien plus en tant qu’activiste dans la vraie vie qu’en tant qu’étudiant d’Annalise Keating (et pourtant, j’aime beaucoup son personnage).

Et même si j’ai casé un « finalement » dans le paragraphe au-dessus, je me permets d’ajouter une dernière chose sur le livre. Sans vouloir spoiler la fin de l’histoire, tout ce que Starr a vécu va l’amener à considérer l’activisme comme une solution. Peu importe la cause que vous défendez, vous renseigner, réfléchir, remettre en question, sensibiliser et agir seront toujours des choses à faire. Je suis convaincue que c’est par les citoyens que les plus belles actions et les plus belles avancées peuvent se faire. Il semblerait qu’à la fin de l’histoire, Starr le soit aussi. Certains combats en viennent aussi à se croiser, c’est d’ailleurs par le biais de bookclubs féministes que j’en viens à chaque fois à vous parler de la thématique du racisme.

Sometimes you can do everything right and things will still go wrong. The key is to never stop doing right.

Voilà, comme à chaque fois qu’on parle réflexion personnelle et thématiques qui me tiennent à coeur, je m’égare un peu. Mais lisez donc The hate u give 🙂

To every kid in Georgetown and in all “the Gardens” of the world: your voices matter, your dreams matter, your lives matter. Be roses that grow in the concrete.

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9 thoughts on “The Hate U Give (#OurSharedShelf #18), de Angie Thomas

  1. Encore un livre que j’ai ajouté sur ma liste il y a quelques temps ! Il a l’air de t’avoir plu (j’ai lu ta chronique en diagonale pour ne pas trop me spoiler) donc c’est un gage de qualité pour moi 🙂

    • Il est vraiment intéressant et en anglais en tout cas, l’écriture est très chouette. Mais vu le succès qu’il a aussi en français, je suppose que la traduction est bien faite !

  2. Ping : The Radium Girls (#OurSharedShelf #19), de Kate Moore | Les écrits de Julie

  3. Ping : « THUG – The Hate U Give » d’Angie Thomas (Nathan, 2018) – Les miscellanées d'Usva

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