28 livres pour 28 ans

Inspirée par un article des Jolis Choux Moustachus (article proposé par Le Joli), j’ai eu envie de me pencher un peu sur les lectures qui ont un peu marqué ma vie – ma vie de lectrice mais aussi ma vie en tant que jeune femme avec des convictions, des sentiments et des envies de voyage.

En rédigeant cette introduction, je ne sais pas encore trop la difficulté que je vais avoir de sélectionner 28 livres, le cap que je passe en ce joli lundi (je suis d’ailleurs née un lundi, sache-le). Mais je trouvais l’exercice sympathique, d’autant plus que j’avais remarqué il y a quelques temps que j’évoquais toujours les mêmes livres quand on me demandait ceux qui ont marqué ma vie, mais que peut-être il était temps de réétudier la question, étant donné la qualité de ce que j’ai pu lire ces dernières années.

ATTENTION, ça va être long

Les indispensables

Quand on me demande normalement les deux livres qui ont marqué ma vie, deux réponses me viennent normalement à la bouche. Ce sont deux livres découverts dans ma jeunesse, et relus dans mon adolescence, et pour lesquels je sais qu’il y aura encore des relectures. Ce sont deux livres auxquels je suis très attachée aussi sentimentalement, peut-être parce que leurs histoires m’accompagnent depuis aussi longtemps peut-être, mais aussi parce que je les ai partagés avec mon Daddy Cool (coucou Papa, je sais que tu liras) et que je me rends compte que je partage depuis toujours ma passion pour la lecture avec lui.

Je peux donc confirmer qu’il y a, pour les deux, différents niveaux de lecture possibles, et que s’il s’agit de jolies histoires pour les enfants, elles ne sont pas moins remplies de messages importants pour les adultes.

Les incontournables

Bon, là, je ne vais pas trop aller chercher loin. Ce sont des livres qui ont plutôt échelonné ma vie de lectrice et que je pourrais relire sans jamais m’en lasser. On va d’ailleurs plutôt parler en saga dans cette catégorie, parce qu’il serait difficile d’en distinguer un seul. Mais pour l’exercice malgré tout, je vous partage l’image de celui que je garderais si je devais n’en choisir qu’un.

On va commencer avec Harry Potter. A l’époque, j’étais encore une grande lectrice, et je me souviens avoir acheté le premier tome chez Belgique Loisirs, dans le shopping de La Louvière. Une histoire de sorciers, ça me bottait bien. Et je suis rentrée, et j’ai commencé. Etrangement, je n’ai pas accroché. Après quelques pages, j’ai abandonné. Six mois après je dirais, le phénomène était arrivé jusque dans la cour de l’école de mon petit village, et je me suis rendu compte que ce sorcier célèbre dont les livres étaient connus avait déjà sa place dans ma bibliothèque. Je lui ai redonné une chance, et, bon… Je dispose maintenant de plusieurs goodies, du coffret magnifique en anglais et de livres dérivés. Mon livre préféré est aussi le film que j’ai le moins aimé : Le Prisonnier d’Azkaban, pour moi, est le livre qui fait passer la saga dans un monde plus sombre. Plutôt parlant quand on a grandi plus ou moins en même temps qu’Harry, c’est donc le livre où moi aussi, je suis devenue un peu plus adulte et un peu moins enfant, et où j’ai commencé à comprendre qu’il y avait un monde pas toujours joyeux autour de moi.

Pour Le Seigneur des Anneaux, j’ai fait le chemin inverse. J’ai vu les films, et des années plus tard, je me suis dit qu’il serait quand même bigrement temps que je lise les livres. Puisque je savais que l’univers me plaisait, pas d’abandon malgré les longueurs de Tolkien, et ce fut un joli coup de cœur. J’ai également lu le Hobbit et le Silmarillon, et je ponctue désormais ma vie de lectrice par des petits morceaux de la Terre du Milieu (on a une bonne partie des livres dans la bibliothèque). Si on compte donc l’univers Terre du Milieu, c’est donc le Silmarillon que je choisis ici. Loin d’être le plus facile à lire, il démontre pourtant le talent énorme de Tolkien pour avoir créé ce monde jusque dans les plus petits détails. Et je maintiens que si j’étais sur une île et que je ne pouvais emporter qu’un seul Tolkien, c’est celui-ci qui me permettrait de faire travailler mon imaginaire pour continuer à rêver à la Terre du Milieu.

Le troisième choix me vient tout droit de mon amour pour la bonne musique, puisqu’il s’agit du jour où j’ai pu découvrir que Mathias Malzieu n’était pas juste le leader génial du groupe Dionysos, mais aussi un auteur qui me plaisait énormément. J’ai dévoré tous ses livres, et il est l’un des rares auteurs dont je guette les sorties de nouvelle parution, tant j’aime son univers, ses mots et ses histoires. Pas de grande surprise pour mon choix, c’est La Mécanique du Cœur pour lui. J’ai aimé tous ses romans, mais La Mécanique du Cœur m’a rassuré quand mon Daddy Cool a dû se faire réparer son horloge à lui. Que voulez-vous, on ne peut que mélanger livres et sentiments.

Avec ces deux catégories, on retrouve donc les livres que je cite tout le temps quand on me demande ce qui m’a marqué. Mais pourtant, après avoir creusé, je peux donc vous affirmer qu’il y en a d’autres qui m’ont aiguillé vers la lectrice que je suis aujourd’hui. Et je crois qu’il y en a pour tous les goûts.

Pendant mon adolescence et jusqu’à ma sortie de l’univ’

C’est probablement la période de ma vie où j’ai le moins lu. D’ailleurs, à la fin de l’université, je ne lisais pour ainsi dire plus. C’est ce qui m’avait motivé, à l’époque, à utiliser mon blog pour partager des chroniques de lecture – ça me permettait de combiner deux activités que j’aimais bien, et ça m’imposait d’être un minimum régulière dans mes lectures. Aujourd’hui, je ne m’imagine plus sans un livre entamé pendant plus de deux semaines. Ça a donc porté ses fruits.

Durant ma jeunesse, j’ai lu énormément de Gavalda, Pancol, Lévy, Coelho et compagnie. J’avoue que je n’en lis presque plus maintenant, parce que mes goûts ont évolué et que je ne retrouve plus ce que j’y trouvais avant. Vous allez aussi retrouver dans cette liste des livres d’école, parce que j’y ai fait des découvertes intéressantes, qui m’ont permis de comprendre ce que j’aimais.

Hell, de Lolita Pille a été lu juste au bon moment pour moi, je dirais. Je crois que je l’ai lu à 18 ans, à une époque où je me sentais un peu en transition entre deux mondes – mon village et la capitale belge, où je faisais mes études. Hell, c’est cru et c’est citadin, et à l’époque, ça m’avait foutu une de ces claques. Je ne suis pas sûre que j’accrocherais autant aujourd’hui, mais il m’a tellement marquée à l’époque que je le garde comme une référence.

Moins cru, mais toujours dans les romances, Katherine Pancol est peut-être l’autrice que j’ai le plus lu dans ce genre. J’ai acheté presque tous ses romans d’un coup, il y a à peu près dix ans aussi. J’ai beaucoup aimé sa saga dont Joséphine et Hortense étaient deux personnages qui me touchaient de façon différente. Mais c’est sans conteste Et monter lentement dans un immense amour qui gagne la palme de la romance la plus forte, pour moi.

Avant de passer aux livres découverts sur ma liste d’école, je vais rajouter Les cinq personnes que j’ai rencontrées là-haut. J’ai hésité longtemps entre lui, et Quand j’avais cinq ans je m’ai tué – parce qu’ils correspondent tous les deux au même sentiment, même si on a d’un côté une jolie histoire un peu initiatique, et de l’autre, une histoire un peu sordide racontée par un enfant. Mais j’ai donc retenu Mitch Albom, à un rien près. Ce même sentiment, c’est simplement qu’ils correspondent à mes premières recherches de livres « dont-je-n’ai-jamais-entendu-parler-mais-j’ai-trainé-en-librairie-en-lisant-cinquante-résumés-et-ça-me-plait ». Bref, des livres sur lesquels on tombe un peu par hasard, mais qui se révèlent de jolies découvertes.

Dans mes livres scolaires, je vais donc en garder deux, proposés par la même prof (la même qui nous avait fait lire Le Tao de Pooh).

D’un côté, on a L’Etranger, de Camus, qui est mon premier livre avec un personnage principal pour lequel je ne peux absolument pas ressentir d’empathie. C’est extrêmement rare quand ça m’arrive, et ça rend ma lecture bien plus compliquée. Ce livre fait donc partie de cette liste parce que j’ai compris ça avec lui. J’ai appris, depuis, que ça ne signifiait pas que je ne pouvais pas reconnaître la qualité du livre. Juste que ce manque d’empathie envers un personnage principal fait que je ne peux pas finir par dire que j’ai aimé ma lecture. Et c’est dur.

Le second, encore une fois, j’ai hésité entre deux, mais j’ai retenu Le baron perché, au lieu du Monde de Sophie. J’avais donc une prof qui nous faisait lire des choses bien différentes de ce que mes camarades, qui avaient d’autres profs de français, devaient lire. Quand ils lisaient Mme Bovary, je lisais Le Baron Perché. J’ai donc passé deux ans à avoir réellement envie de savoir ce que notre prof’ allait nous proposer ensuite comme lecture, et ça rend le cours beaucoup plus intéressant.

Mes goûts s’affinent

Après un passage à vide au niveau des lectures, j’ai donc repris de plus belle ces dernières années, et ça m’a permis de faire de nombreuses découvertes. J’ai donc une belle série de livres à te proposer qui ont été lus depuis que j’ai réellement commencé ce blog. Je vais te les présenter de façon bien plus succincte que les autres, simplement parce qu’il y a les chroniques pour plus d’informations, à partir de là.

La grammaire est une chanson douce, c’est donc mon occasion de mettre en avant en fait toute la saga des Plaisirs Secrets de la Grammaire. C’est ma rencontre avec Erik Orsenna, et c’est un voyage au pays des mots passionnant pour quelqu’un qui aime la langue française.

Le mur invisible, c’est ma toute première Kube, et celle qui m’aura probablement le plus plu. Cette histoire où il ne se passe rien était une vraie belle découverte, dure à égaler ensuite.

L’homme qui savait la langue des serpents, je t’avoue que je ne l’aurais peut-être pas dit comme ça, sans me replonger sur l’ensemble de mes lectures. Mais en fait, si. Parce que c’est en genre qui me parle énormément, et que l’histoire m’avait permis de réfléchir.

La rose blanche, et tous les livres qui nous invitent dans une histoire qu’on ne peut pas oublier. Mais La rose blanche surtout, parce que leur courage était émouvant.

Just Kids, parce que c’était beau, simplement. D’ailleurs, je te parle bientôt d’un autre livre de Patti Smith.

Le cycle de Pendragon, où j’ai enfin pu découvrir une version de cette histoire que j’apprécie tant et qui m’intéresse tellement. L’appropriation de l’univers du Roi Arthur par Lawhead m’a totalement conquise, j’en voulais d’ailleurs encore plus.

Le vieux qui lisait des romans d’amour, qui était en lice face à Et tu n’es pas revenu pour cette place dans la liste. Ce sont deux romans courts, mais beaux et avec des messages qui me parlent énormément. Je suppose que c’est l’exotisme qui m’a fait pencher pour Sepulveda.

Et le petit dernier : My Absolute Darling. Là encore, difficile de choisir parmi les découvertes déjà faites grâce au Picabo River Book Club. Mais l’écriture de Tallent a été une claque, et je l’ai donc sélectionné pour apparaître ici. Mais je crois que la littérature nord-américaine n’a pas fini de me surprendre et de me plaire.

Le féminisme

Nous sommes bientôt à la fin, promis, mais je ne m’imaginais pas faire cette liste sans deux parties consacrées à des lectures qui m’occupent beaucoup ces dernières années. La première partie sera donc consacrée aux livres découverts dans le cadre de mes clubs de lecture féministes – Our Shared Shelf ou celui de Carnet Parisien. J’ai donc sélectionné les cinq lectures qui ont jalonné mes questionnements.

My life on the road, le premier choix d’Emma Watson et un parcours tellement inspirant.

Half the Sky, pour lequel j’ai encore envie de crier au monde de le lire – parce qu’il faut savoir qu’il y a de l’immonde fait aux femmes, mais qu’elles s’en relèvent la tête encore plus haute, aussi.

Libérées, parce que c’est typiquement le féminisme qui me concerne au quotidien, dans une société où les femmes ont déjà des droits acquis, mais où il y a encore un peu de travail dans les mentalités.

La perle et la coquille, plus récemment, parce que les fictions qui évoquent des destins de femme permettent d’aborder la question autrement.

Nous sommes tous des féministes, parce que c’est probablement le message de base pour moi : tout passe par l’éducation.

Les BDs

Et oui, on en est déjà à la saison 3 de « Dans ma bédéthèque », et je me voyais donc mal ne pas évoquer ici quelques BDs qui ont jalonné ma découverte de cet art. Creuser un peu le monde de la BD pour alimenter le blog est probablement une de mes meilleures idées, et je peux donc te proposer quelques coups de cœur.

Les chemins de Compostelle, parce que c’est belge, parce que c’est Compostelle, parce qu’il y a de l’alchimie. Bref, ce ne sont que des trucs que j’aime.

Billy Brouillard, parce que drôle, touchant et paranormal.

Abélard, parce que c’est beau et que c’était, je pense, mon premier coup de cœur trouvé par moi-même et non conseillé par des proches.

Sur les ailes du monde. Audubon. Parce que les dessins sont parmi les premiers à m’avoir autant marquée, parce que j’ai découvert que j’aimais les BDs qui me permettaient de découvrir un personnage important, ou une histoire oubliée.

Un océan d’amour. Parce que c’est Lupano, parce que c’est sans texte et parce que c’est la preuve même que la BD est vectrice d’émotions.

Voilà, 28 livres qui ont marqué ma vie de lectrice. Il y en a tellement d’autres à évoquer, finalement. Mais le challenge est rempli et l’exercice était plaisant.

2 thoughts on “28 livres pour 28 ans

  1. Super contente d’avoir pu t’inspirer un aussi chouette article 🙂 ! C’est rigolo, j’ai l’impression qu’on a eu un peu le même parcours littéraire dans les genres qu’on a pu lire tout au long de notre parcours. En tout cas, il y a plein de titres que tu cites que je ne connais pas du tout, du coup ça fait encore pas mal de bouquins à découvrir !
    Joyeux anniversaire en tout cas 🙂

  2. Ah Hell je l’ai lu étant ado aussi, une claque ! Mais comme toi je le garde par souvenirs, je ne sais pas si il me ferait le même effet aujourd’hui… Chouette article, à chaque période son livre =)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

You are commenting using your WordPress.com account. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

You are commenting using your Google account. Déconnexion /  Changer )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

You are commenting using your Facebook account. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.