The Radium Girls (#OurSharedShelf #19), de Kate Moore

J’ai mis du temps à me replonger dans une lecture #OurSharedShelf depuis la dernière, mais je sais que ces lectures seront exigeantes sur tant d’aspects qu’il faut que je sois prête pour me lancer. Ici, c’était The Radium Girls la suivante sur ma liste. Heureusement pour moi, la lecture de cet été étant Milk & Honey, c’était du déjà lu et je finis juste à temps pour tenter de continuer à suivre plus ou moins le rythme en direct, et quand j’ai une occasion, rattraper les quelques livres que j’ai loupés.

Mais trêve de blabla, que nous raconte ce Radium Girls ? Et bien l’histoire assez incroyable des jeunes filles qui ont travaillé pour des entreprises qui utilisaient de la peinture au radium après la première guerre mondiale (notamment pour peindre les chiffres sur les montres afin qu’ils brillent dans le noir), et qui ont été petit à petit empoisonnée par ce produit que tout le monde trouvait si miraculeux et incroyable.

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Mais ne nous précipitons pas, parce que l’une des forces de ce livre, c’est que Kate Moore (son autrice) a pris le temps de bien planter son décor avant de présenter son cas. En début de livre, elle présente en détail plusieurs employées de différentes compagnies, leur famille, leur façon de vivre, des petites anecdotes qui rendent ces filles si familières au lecteur.

Petit à petit, des filles vont tomber malade, et personne ne pourra les aider. Elles vont perdre des dents. Des infections vont continuer à suinter pendant des mois et des mois. Leur mâchoire va tomber en morceau. Les symptômes sont du jamais vu pour les médecins, qui tentent au début de se rattacher à ce qu’ils connaissent. Les certificats de décès annonceront d’abord la syphilis, notamment.

Mais tout ça, c’était sans compter sur deux choses : la capacité d’un dentiste à se rendre compte qu’il y a un point commun entre toutes ces filles qui lui rendent visite, et la ténacité des filles qui savent qu’elles ne peuvent pas avoir la syphilis ou toute autre maladie qu’on leur donne, et qu’il doit y avoir autre chose.

Le livre fait un peu plus de 400 pages, et ces 400 pages relatent le combat impressionnant des « Radium Girls » face à la maladie, face à la mort, mais surtout, face à leur entreprise. La description de ce que les filles endurent sur le plan physique est extrêmement dure à chaque fois. Même si ce sont des faits, l’autrice s’est arrangée pour qu’on ait de la sympathie pour les héroïnes, et les voir souffrir et être impuissantes face à leur maladie, ce n’est pas facile. Mais certaines de ces filles ont fait preuve d’une ténacité et d’un courage assez incroyables.

Avec le soupçon que le radium soit bien la cause de leurs maux, elles ont décidé de combattre les personnes qui les ont rendues malade pendant toutes ces années pendant qu’on leur jurait que le radium était miraculeux et pas dangereux du tout : leurs employeurs. Et ce à quoi elles ont dû faire face alors, c’est une mauvaise foi sans faille, une entreprise toute puissante face à des « petites employées » et des procédures qui ne jouent pas souvent en leur faveur. Mais petite à petit, par leur combat, leur envie de changer les choses et de dénoncer les coupables, nos Radium Girls ont quand même permis de changer deux trois législations (il faut attendre la postface pour avoir quelques lueurs de sympathie envers l’humanité, après avoir lu les procès et les appels et les mauvais deals proposés par ces « big companies »).

Cette lecture était vraiment vraiment intéressante, mais, encore une fois, assez dure. L’histoire de ces femmes méritaient d’être connue, mais vous aurez souvent envie de balancer votre livre face à un avocat défendant des entreprises sans aucune dignité et purement intéressée par l’argent. Toutefois, ce combat est une histoire forte et ça fait du bien malgré tout, et il faut de temps en temps se rappeler également que les procédures utilisées par la société à l’époque pour contrer les attaques de ses anciennes employées ne sont désormais plus autorisées forcément dans un tribunal, en partie grâce au combat des Radium Girls. Qui plus est, on apprend aussi en fin de livre que les femmes qui ont survécu (avec des cancers malgré tout présents, mais qui ont pu vivre plus longtemps que leurs anciennes collègues) ont accepté d’aider la science, soit en léguant leur corps à leur mort, soit même en acceptant de subir des tests durant toute leur vie pour voir les effets à plus long terme de la radioactivité sur le corps humain. Elles ont permis quelques découvertes à ce sujet.

Bref, encore une fois, c’est avec une certaine gratitude d’avoir découvert des personnes si fortes que je referme un livre OurSharedShelf, mais malgré tout heureuse que le prochain soit une fiction, pour souffler un peu !

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4 thoughts on “The Radium Girls (#OurSharedShelf #19), de Kate Moore

  1. En tous les cas, ta participation à OurSharedShelf te permet de faire des lectures profondes et d’en apprendre davantage sur la condition des femmes. Merci de partager avec nous cette aventure.

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