Dans ma bédéthèque S03#27

Nouvelle édition de ce « Dans ma bédéthèque », toujours plongée que je suis dans le Mois de la BD (mais vachement à la traîne par rapport à ce que j’avais prévu à l’heure d’écrire ses lignes ! – même si quand tu les liras, le mois de la BD sera terminé depuis longtemps !). Cette fois, on va poursuivre une saga entamée la semaine passée, et on va découvrir une pépite visuelle sortie durant cette rentrée littéraire. Ca te dit ?

Moi ce que j’aime, c’est les monstres (Emil Ferris) (Editions Monsieur Toussaint Louverture)

moi-ce-que-j-aime-c-est-les-monstresComment te parler de cet ovni graphique ? De cette histoire à l’esthétique sublime ? De ce récit qui paraît innocent mais aborde tellement plus qu’il n’y paraît ? Ce « Moi ce que j’aime, c’est les monstres » est une réalisation graphique comme j’en ai rarement vue et qui nous emmène pendant plus de 400 pages dans une histoire qui nous dépasse.

La narratrice, c’est Karen, une jeune ado qui pense qu’elle ressemble à un loup-garou. Elle vit avec son grand-frère, Deeze, un don juan auprès des femmes de l’immeuble et du quartier, une figure paternelle pour Karen, un caïd qui a réussi à être craint par certaines personnes pour qu’on le laisse tranquille. L’histoire va commencer lorsque la voisine de Karen, Anka, est retrouvée morte. Si la thèse du suicide est avancée, les circonstances sont un peu étranges et Karen est persuadée qu’elle doit résoudre l’affaire.

On voit donc le monde sous la plume et sous le bic de Karen, qui griffonne dans son carnet sans arrêt – ses recherches, ce qu’elle a vécu, etc. Et comme Karen pense qu’elle est en partie loup-garou, vous pouvez aisément imaginer que ses dessins ne sont pas des plus fidèles de la réalité, et c’est fabuleux ! Emil Ferris nous propose une histoire ici dessinée au bic, avec des jeux d’ombres assez incroyables, des couleurs peu présentes mais utilisées à bon escient, et un mélange entre la réalité assez sombre qu’elle dépeint et une pointe de fantastique.

Concernant le récit, maintenant, là aussi, ce n’est pas du tout ce qu’on pourrait imaginer. Ce qui peut sembler un peu étrange mais assez gentil en début d’histoire va finir par être bien plus profond : racisme, homophobie, maladie, vie dans un camp de travail, prostitution d’enfants – que ce soit la vie d’Anka ou celle de Karen, ce n’est pas facile et, avec l’aide des dessins, le tout finit par être sombre sans être pourtant désespéré. C’est une fine limite qui fait que le lecteur se sent mal à l’aise, mais pense encore qu’il y a de l’espoir pour les personnages en vie.

Je m’attendais à quelque chose de très bon en l’ouvrant, c’est quand même une sensation de la rentrée littéraire côté graphique. Mais bon sang, j’avoue que je ne m’attendais pas à ça du tout ! L’objet-livre est somptueux, grâce au travail des éditions Monsieur Toussaint Louverture et j’ai hâte de découvrir le second tome (je pense qu’il n’y en a que deux en anglais actuellement) pour savoir ce qui est arrivé à Anka et ce qui va arriver à Karen et Deeze.

C’est donc une pépite, qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui vaut clairement le coup d’œil, ne serait-ce que pour les dessins !

640_gettyimages-671080678-1

Cette BD a été lue dans le cadre du Mois de la BD !

Culottées – Tome 2 (Pénélope Bagieu) (Editions Gallimard)

ob_ea329b_penelope-nellie-blyC’est parti pour le second tome des ces Culottées. Quinze nouveaux destins de femmes fortes, et quinze occasions de me dire que le Girl Power a vraiment de beaux jours devant lui. Je t’avais parlé du premier tome lors du Prix Littéraire des Chroniqueurs Web, et même si j’avais été un peu déçue de la taille limitée de chaque portrait – taille qui se justifie par le fait que le but est de nous présenter un panel, j’ai décidé que ma curiosité de rencontrer quinze femmes supplémentaires l’emportait.

Et la première chose à souligner, c’est que ces portraits restent nécessaires. Après un feuilletage rapide pour voir qui je connaissais, je peux t’annoncer que je n’en connais que trois de nom, et que la seule dont je pourrais parler un minimum sans qu’on me la présente, c’est Nellie Bly. Parce que l’intégrale de son travail siège fièrement dans ma PAL.

Finalement, quand on connaît le format de Pénélope Bagieu, ça passe peut-être mieux pour ce second tome. Encore une fois, quelques petits détails font que ça ne sera pas un coup de coeur, mais je suis heureuse d’avoir fait la connaissance de ces quinze destins supplémentaires et je pense toujours que ce genre de recueil doit être mis entre toutes les mains, pour rappeler aux petites filles et aux plus grandes que le monde leur appartient et qu’elles peuvent être ce qu’elles veulent !

3 réponses sur « Dans ma bédéthèque S03#27 »

  1. Emil Ferris m’attend sagement depuis quelques semaines donc j’ai fait l’impasse sur la première partie de ton billet (même si j’y reviendrai après lecture de l’oeuvre bien sûr !)… Et je te rejoins totalement sur ce 2e tome des Culottés, qui a aussi une bonne place sur mes étagères 🙂

      • Oui c’est ce que j’ai cru comprendre (j’ai quand même lu deux-trois passages de ta chronique ahah), et en même temps j’ai eu ce sentiment dès que je l’ai eu en mains. Même si je ne l’ai pas encore lu, le seul fait de le feuilleter est vraiment un plaisir et une claque pour les yeux (mais dans le bon sens du terme !)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.