Rebecca (#OurSharedShelf #21), de Daphné du Maurier

Je continue un peu difficilement à tenter de suivre les lectures #OurSharedShlef, sans trop savoir quand j’arriverai à caser les lectures que j’ai loupées en cours de route. Presque dans les temps, j’ai donc découvert la lecture septembre/octobre 2018. Je vous rappelle que le but de cette lecture était de nous plonger dans une ambiance d’Halloween avec un récit si pas d’horreur, en tout cas inquiétant. C’était Rebecca de Daphné du Maurier qui avait gagné le sondage, repoussant ainsi encore et toujours une occasion de lire Frankenstein de Mary Shelley (en bonne place, mais pas gagnant). Si le titre ne me disait a priori rien pour commencer, quand j’ai lu la première phrase, j’ai compris que j’avais à faire à un classique – parce qu’il s’agit d’une phrase mythique de la littérature.

Last night I dreamt I went to Manderley again . . .

Mais Rebecca aura-t-elle réussi à m’emmener dans une ambiance frissonnante ? Et bien oui ! Ce qui fonctionne le mieux avec moi en termes d’émotions fortes et de peur, ce sont les ambiances bien installées, les histoires où l’orage semble approcher pour mieux éclater, les récits où l’on s’attend à chaque minute que tout explose et qu’un rebondissement, incroyable ou non, surnaturel ou non, vienne tout changer au calme qui n’était qu’apparent.

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Et avec Rebecca, j’ai été plus que servie. Très vite, l’autrice nous donne à voir une réalité dans laquelle les vivants vont évoluer dans l’ombre d’une morte, où une disparue semble avoir plus d’influence sur le cours des choses que les acteurs présents et vivants de cette sombre histoire. Daphné du Maurier use d’un talent indéniable pour nous dévoiler petit à petit ce récit. Elle distille les indices sur ce qu’il s’est réellement passé au fil des pages, tant et si bien que le lecteur peut envisager une dizaine d’hypothèses avant d’assembler petit à petit les pièces de ce puzzle rempli de malaise.

Notre personnage principal, la seconde Mme du Maurier, semble n’être que spectatrice de ce destin que lui promettait pourtant son mariage avec Maxim de Winter, propriétaire de Manderley. Face à Rebecca, on croirait qu’elle ne peut rien, pas même avoir son propre prénom, qui restera inconnu au lecteur tout au long de l’histoire.

I wondered how many people there were in the world who suffered, and continued to suffer, because they could not break out from their own web of shyness and reserve, and in their blindness and folly built up a great distorted wall in front of them that hid the truth.

Rebecca est une histoire dans laquelle on est très vite plongé, tant Daphné du Maurier arrive tôt à instaurer un climat de suspense alors qu’il ne se passe pourtant pas grand chose. Le lecteur comprend très vite qu’un drame a eu lieu à Manderley, même s’il ne sait pas exactement quoi. Pour le découvrir, il sera accompagné par la jeune nouvelle épouse, notre « héroïne », que l’auteur n’hésite pas à nous dépeindre comme d’une naïveté relativement irritante, voire même comme étant insipide à souhait. L’ombre de la femme qu’elle remplace dans cette grande demeure semble la dévorer toute crue et ne lui laisser aucune chance, et le mystère qui entoure ce qu’il s’est passé ne lui permet pas d’avoir les éléments pour se sentir à son aise.

L’ambiance du roman est donc extrêmement tendue. Quelque chose se prépare, quelque chose va éclater, mais le lecteur ne sait pas quoi, ni quand, ni comment. On sent que plusieurs choses sont anormales et que ça ne peut pas être sain, et on envisage un tas de choses au fil des pages. Je dois reconnaître que mes hypothèses n’étaient pas toujours clémentes envers la jeune fille dont on ne connaît pas le prénom.

Men are simpler than you imagine my sweet child. But what goes on in the twisted, tortuous minds of women would baffle anyone.

Je ne peux pas trop en dévoiler ici. En termes d’écriture, on est très proches des Austen et autres Brontë, avec des descriptions de demeures sublimes, en proie au climat anglais et à une ambiance plutôt désagréable. Malgré la naïveté apparente de son personnage principal, je trouve que Daphné du Maurier ne s’arrête pas à des personnages trop « clichés » et qui restent enfermés dans la description qu’on en a en début d’histoire. Elle compose parfaitement avec des personnages bien creusés et dont la psychologie face aux différents événements varie de façon intéressante.

Cette lecture est donc une très belle découverte pour moi, et je ne peux que saluer le choix de la majorité des shelfers (même si je lirai un jour Frankenstein ! )

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4 thoughts on “Rebecca (#OurSharedShelf #21), de Daphné du Maurier

  1. Rebecca est vraiment un excellent livre! Je l’ai lu plusieurs fois au fil des ans, mais je n’ai toujours pas vu l’adaptation qu’en avait fait Hitchcock! Il faut d’ailleurs que j’y remédie…
    Pour Frankenstein, je te le conseille, c’est un de mes livres préférés!

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