Fahrenheit 451, de Ray Bradbury

Entraînée par une espèce de fièvre lectrice depuis le début 2019 (en tout cas, fièvre pour mon rythme habituel de lecture), j’ai décidé d’en profiter tant que ça dure pour dépoussiérer certains livres de ma PAL. Un bon classique étant exactement ce qu’il faut de temps en temps, il me semblait plutôt opportun d’enfin sortir ce Ray Bradbury pour le découvrir.

Comme souvent quand je me plonge dans un classique qui me fait envie depuis longtemps, j’en viens à me demander pourquoi il m’a fallu autant de temps pour le lire. L’histoire du pompier Montag dans la dystopie créée par Bradbury et publiée en 1953 résonne encore énormément aujourd’hui.

Combien connaissait-on de personnes capables de vous renvoyer votre propre lumière ? La plupart des gens étaient – il chercha une image, en trouve une dans son métier – des torches, des torches qui flambaient et finissaient par s’éteindre. Rares étaient ceux dont les visages vous prenaient et vous renvoyaient votre propre expression, votre pensée la plus intime et la plus vacillante.

Comme dans 1984, on va atterrir dans une société qui s’est débarrassée de tout ce qu’elle considérait comme superflu – l’art, la réflexion, les vrais sentiments, et j’en passe. En coupant tout cela, elle pousse ses membres à ne plus réfléchir par eux-mêmes et à avoir l’illusion du bonheur. Les éléments dissidents sont éliminés.

Montag est l’un des rouages de cette société, puisqu’il est pompier. Dans cette dystopie, les pompiers n’éteignent pas les incendies ; ils les allument. Leur rôle est de brûler les livres qui auraient persisté, sur base de dénonciations et autres joyeusetés. Parfois, ils brûlent également les personnes à qui ces livres appartiennent.

Ce frémissement, la conjugaison du blanc et du rouge… c’était un feu étrange parce qu’il prenait pour lui une signification différente. Il ne brûlait pas ; il réchauffait.

C’est difficile de chroniquer un classique, d’autant plus que j’ai simplement aimé. J’ai aimé l’écriture, la traduction de Jacques Chambon est vraiment très fluide et agréable. J’ai aimé la mise en place de l’histoire et la présentation des personnages. J’ai aimé les questions que soulève ce récit et la réflexion sur ce que notre société est devenue, sous le spectre de cette fiction qui date d’il y a un peu plus de cinquante ans maintenant. Cette réflexion n’est pas toujours agréable, quand on voit que malgré la mise en garde que pourrait représenter des dystopies, on se rapproche parfois dangereusement de ce que des auteurs ont considéré comme une fiction.

Vis comme si tu devais mourir dans dix secondes. Regarde le monde. Il est plus extraordinaire que tous les rêves fabriqués ou achetés en usine. Ne demande pas de garanties, ne demande pas la sécurité, cet animal-là n’a jamais existé. Et si c’était le cas, il serait parent du grand paresseux qui reste suspendu toute la journée à une branche, la tête en bas, passant sa vie à dormir. Au diable tout ça, disait-il. Secoue l’arbre et fais tomber le paresseux sur son derrière.

Je terminerais peut-être par un autre argument qui pourrait pousser des personnes qui hésiteraient à le lire à sauter le pas. J’ai toujours cru – à tort – que Ray Bradbury était un auteur de science-fiction pure, avec un peu tout ce que ça comporte de clichés. Bien que je sois plutôt friande de science-fiction, ce n’est simplement pas ce dont j’ai besoin parfois. Mais j’ai tendance à oublier que la dystopie, bien qu’elle se range dans la science-fiction, offre souvent un récit où on est dans des univers bien plus réels qu’on ne l’attend, parfois à faire froid dans le dos.

C’est une lecture que je recommande vraiment et que je ressortirai probablement un jour, pour m’y replonger et découvrir de nouvelles réflexions autour des thématiques abordées, peut-être.

A chaque génération, nous trouvons un peu plus de monde qui se souvient.

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