Un poisson sur la lune (#PicaboRiverBookClub #6), de David Vann

Traduit par Laura Derajinski

Une nouvelle lecture Picabo, et une fois n’est pas coutume, on va partir dans une histoire qui ne laisse pas indifférent. Décidément, ces auteurs américains ont l’art de nous prendre aux tripes et de nous proposer des récits qui peuvent vous retourner, tout en étant écrits de main de maître.

Contrairement à beaucoup de mes camarades du Picabo River Book Club, je ne connaissais pas la plume de Vann avant de recevoir son nouveau roman traduit par Laura Derajinski chez Gallmeister. Mais j’avais déjà vu qu’il était apprécié par beaucoup et que la qualité de son écriture était souvent soulignée. Et puis, il y a eu ce titre. Un poisson sur la lune. Ça annonçait du poétique et du particulier pour moi. J’ai donc envoyé un mail à Léa pour tenter de le remporter.

Après lecture, ça donne quoi du coup ? Ça donne que ma wish-list vient de s’agrandir en ajoutant les autres titres de Vann. J’ai eu beaucoup de mal à avancer rapidement dans ma lecture. C’est l’histoire de James Vann, Jim, qui revient d’Alaska pour voir son frère, ses enfants, son psy. Jim a emmené son Magnum avec, mais il a bien mis les balles à part, comme l’avait conseillé son thérapeute. Jim en est persuadé : il va se suicider. Ses proches espèrent que ce voyage lui fera changer d’avis, lui considère que c’est un au revoir.

C’est très dur, comme lecture. On est plongés dans la tête de Jim, on se pose des questions existentielles avec lui, on essaye de comprendre ce qui fait qu’il en est là où il est. David Vann a eu ce talent de faire en sorte qu’à aucun moment, je pense, je n’ai jugé Jim ou ses proches. On observe, on constate, on réfléchit mais on n’arrive pas à savoir si oui ou non, cet acte ultime est la seule solution pour lui. Et tout en lisant, on est confronté à nos propres réflexions. Attention, ce livre ne donne pas d’idées noires. Mais ça pose question, ça interroge notre façon de vivre, notre réalité, et on en ressort différent, je trouve.

J’ai encore du mal à revenir sur cette lecture, parce qu’elle m’a chamboulée. J’ai avancé lentement tant il fallait s’imprégner des états d’esprit de Jim, vivre cela avec lui, tenter comprendre ce qu’on ne peut pas réellement comprendre tant qu’on ne le vit pas, je pense.

L’écriture de Vann est excellente et la traduction rend bien un côté poétique sans user des sentiments du lecteur toutefois. C’est beau, et ça n’a pas besoin d’être autre chose par moment. Même si l’histoire est difficile, l’auteur ne se sent pas obligé de rentrer dans des pauses sentimentales. Jim se considère hors de sa vie, ça aurait été une erreur de vouloir lui attribuer du sentimentalisme qu’il ne ressent pas vraiment. Il va dans tous les excès, et le lecteur est brinquebalé entre ses euphories et une sorte d’apathie.

C’est officiel, je rejoins les personnes qui apprécient l’écriture de David Vann, et j’ai hâte de poursuivre ma découverte. Merci le Picabo River Book Club !

Retrouvez le Picabo River Book Club sur Facebook

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8 thoughts on “Un poisson sur la lune (#PicaboRiverBookClub #6), de David Vann

  1. Haaa David Vann, tout le picabo en fait de grandes éloges. Je me suis achetée mon premier ce week end il me faut trouver le temps de le lire et de succomber ! Je vois que toi aussi t’as rejoint les mordus 🙂

  2. Quoooi tu n’avais encore pas lu de David Vann ? Rhooo ! J’aime tellement cet auteur, je suis vraiment contente que tu aies pu le découvrir ! Je n’ai pas lu ta chronique car je projette de m’acheter son dernier-né dans quelques jours, mais j’y reviendrai avec plaisir !
    As-tu envie d’en lire d’autres ?

      • Aaaah mais avec plaisir !
        Mon premier article sur le blog était destiné à David Vann, comme une déclaration d’amour un peu. J’ai parlé de plusieurs de ses bouquins, sans ordres de préférences pour pas influencer (si tu préfères).
        Je dois encore lire Goat Mountain et L’obscure clarté de l’air mais voici mon top sinon :
        – Dernier jour sur terre
        – Aquarium
        – Sukwann Island
        – Impurs
        – Désolations

        Bon les deux derniers, si je dois pinailler, j’ai plus de réserves (je ne te dis rien si tu préfères découvrir par toi-même) mais franchement ils sont tous excellents hein !

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