Dans ma bédéthèque S05#01

Je ne fonctionne pas toujours comme ça, j’ai tendance à vouloir espacer les tomes d’une même saga dans le temps, même si je les lis à la suite. Mais Blast méritait une suite dans une seule chronique.

Si tout se retrouve ici même, j’ai pourtant continué à chroniqué chaque tome dès la fin de sa lecture plutôt que de parler du tout, par habitude peut-être.

Cette BD me semble faire partie du côté sombre de l’oeuvre de Manu Larcenet – ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas capable de beau dans ce registre, que du contraire.

Blast – Tome 1 – Grasse Carcasse (Manu Larcenet) (Editions Dargaud)

Encore une saga de Manu Larcenet – et c’est une que je voulais découvrir depuis très longtemps. Mais je me la suis mise de côté, étant donné sa taille (4 tomes de plus de 200 pages). Je savais qu’une fois dedans, je serais emballée et que je dévorerais tout. Et de fait, la qualité de ce premier me donne vraiment envie de connaître le fin mot du mystère !

Dans cette histoire, on retrouve Polza, un homme aux dimensions un peu extraordinaires – grand et extrêmement gros. Il a toujours été comme ça, et c’est réellement devenu une partie de lui. Il se nourrit d’alcool et de barres chocolatées.

En début de cette histoire, on se retrouve dans un commissariat. On sait que Polza a fait quelque chose – d’assez affreux on devine – mais on ne sait pas quoi. Et l’histoire va se dérouler sous forme de confession aux policiers. Mais pour cela, il va revenir au début de son histoire. Il doit leur expliquer tout pour pouvoir leur faire comprendre “le blast”, un truc qu’il ressent (je ne sais pas encore trop ce que c’est).

Comme d’habitude, Manu Larcenet se distingue par un scénario aussi qualitatif que ses dessins. Et si vous connaissez ses dessins, c’est plus qu’un compliment ! Les moments de Blast se reconnaissent parce que ce sont les seules cases dans lesquelles il y a de la couleur – couleur qui vient de dessins d’enfants.

On verra où cette histoire me mène. Pour le moment, je note que l’auteur est encore capable de nous emmener dans l’âme humaine, dans tout ce qu’elle a de beau et tout ce qu’elle a de crasseux à la fois.

Suite au deuxième tome.

Blast – Tome 2 – L’apocalypse selon Saint Jacky (Manu Larcenet) (Editions Dargaud)

Dans le deuxième tome, Polza poursuit sa descente aux enfers lors de sa confession à la police. On le retrouve là où on l’avait laissé – seul, dans la nature, menant une vie en errance totale, se coupant au maximum du reste de l’humanité.

Cette saga est relativement violente dans ce qui arrive aux personnages, et en même temps, comme je le disais pour le premier tome, c’est aussi parce que Manu Larcenet a le talent de nous montrer ce qu’il y a de plus crasseux chez l’homme. Ce Polza qui peut ressembler à ce qu’on peut percevoir de plus sauvage chez quelqu’un va être la cible des « hommes civilisés » à plusieurs reprises, qui nous montreront un côté bien plus animal que ce que vit Polza.

Les périodes de ce fameux « Blast » sont toujours représentées en couleurs et avec des dessins d’enfants, ce qui donne un côté très magique à cette expérience que vit notre héros et qu’il tente désespérément d’expliquer aux policiers. Certaines autres planches sont en couleurs, mais la tendance reste malgré tout au noir et blanc, et Larcenet a déjà prouvé à quel point il était doué aussi en noir et blanc.

Bref, avec cette saga on continue d’en prendre plein les yeux et plein les tripes. Je crains que mes avis sur chaque tome ne soient pas très élaborés, parce que c’est très bon et qu’il n’y a finalement que ça à en dire.

Blast – Tome 3 – La tête la première (Manu Larcenet) (Editions Dargaud)

Je suis toujours perplexe sur que ressentir face à des histoires aussi « crasseuses », et à la fois, aussi belles dans leur traitement. Polza n’est clairement pas quelqu’un que j’aimerais croiser le soir dans la une rue mal éclairée, il semble terrifiant.

Et pourtant, plus j’avance dans cette BD et plus j’ai l’impression de pouvoir lui donner des raisons d’agir comme il le fait, de vivre comme il l’entend. On nous a appris depuis longtemps à nous méfier de ceux qui vivent différemment, qui pensent différemment et qui semblent s’exclure eux-même d’un monde qui ne les comprend pas et qu’ils ne comprennent pas.

Mais ce troisième tome, outre le fait qu’on avance un peu dans l’enquête, nous montre encore une fois que la sauvagerie et la bestialité crasse ne sont pas toujours chez ceux à qui on l’attribuerait à première vue.

Quand on entend (lit) son récit, on se dit que finalement, dans des circonstances autres, Polza serait le genre de personne extrêmement intéressante avec qui discuter, qui semble pouvoir colorer votre vision du monde rien qu’en partageant la sienne.

Je vous laisse, je dois désormais lire le tome 4, c’est intenable de ne pas avoir le dernier bout de cette saga.

Blast – Tome 4 – Pourvu que les bouddhistes se trompent (Manu Larcenet) (Editions Dargaud)

Et voilà, comme je m’y attendais, la saga ne retombe pas comme un soufflé en fin de parcours, mais explose avec une conclusion digne des quatre tomes qui nous auront pris aux tripes.

Plus on avance dans le récit, et moins Polza a de blast, et pourtant, il poursuit encore cet état qui lui semble idéal et transformant. Il est confronté, dans ce quatrième tome, à l’horreur d’un autre et à la beauté de l’amour, et on revoit donc avec lui quelque peu les positions partagées dans le début du récit.

Même s’il ressent encore le besoin de repartir sur les routes, il vit d’autres choses dans ce dernier tome, et ses « camarades d’infortunes » (appelons-les comme ça) vont déclencher chez lui des réactions et des émotions qu’il ne pensait plus croiser un jour.

L’enquête est clôturée et le récit de Polza par la même occasion, mais l’histoire continue un peu plus longtemps pour nous donner le récit tel que les inspecteurs l’ont reconstruit, histoire de remettre toute cette histoire un peu « en ordre ».

Je vais me répéter une dernière fois : dessins, choix des mots, choix des thèmes : tout chez Larcenet vaut la peine d’être découvert. Alors parfois, comme ici, c’est très sombre et un peu crasseux. Mais ça reste incroyablement fascinant !

One thought on “Dans ma bédéthèque S05#01

  1. Blast est une série dingue. Elle fait clairement partie de mon panthéon personnel, les BD que je suis bien contente de posséder tant elles m’ont claquée la tronche. Avec celles-ci Larcenet m’a bien prise aux tripes…

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