Mourir, partir, revenir – Le jeu des hirondelles, de Zeina Abirached (Masse Critique Babelio #9) (Dans ma bédéthèque S02#14)

J’ai reçu cette version poche de la BD de Zeina Abirached lors de la Masse Critique graphique de Babelio, en décembre, grâce aux Editions Points. Une jolie surprise qui colle parfaitement aux lectures qui m’intéressent pour le moment.

Dans cette BD, on va découvrir un petit moment de vie – qui a l’air insignifiant et qui, pourtant, nous en apprend beaucoup sur une réalité que personnellement, je ne connaissais pas tellement : la guerre au Liban.

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On commence la BD en rencontrant les parents de l’auteure (je crois). Ils ont été jusque-là grand-mère, à quelques pâtés de maisons plus loin. Zeina et son frère sont restés à la maison. Pourquoi ? Parce que même si la grand-mère ne vit qu’à quelques rues de là, le trajet est extrêmement dangereux, et demande – comme le dit l’auteur – de respecter une chorégraphie bien précise : courir, ramper, sauter, longer le mur. Pour éviter les tireurs.

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L’histoire va se concentrer sur les deux enfants restés dans leur immeuble. Très vite, une voisine va les rejoindre. Au fil des pages, on comprend que pendant les périodes de bombardement, le hall d’entrée de cette famille est le lieu le plus sûr de l’immeuble : tout le monde s’y retrouve. Certains amènent à manger, certains amènent une histoire. Tout ce petit monde évolue et tente de continuer à vivre malgré l’horreur de l’extérieur.

Outre ce huis-clos, l’auteur nous emmène parfois hors de l’immeuble pour revenir sur différentes anecdotes qui concernent l’un ou l’autre habitant.

Puisqu’il s’agit d’une bande-dessinée, parlons aussi dessins. Ici, pas de couleurs. Un peu comme Marjane Satrapi, l’auteure a fait le choix du noir et du blanc comme uniques couleurs. Mais ce qu’on ressent surtout, c’est la place du noir face au manque de blanc, tout ce que la guerre prend à ces familles.

L’auteure est née et a grandi au Liban, en plein pendant la guerre. J’avoue que je n’ai lu la quatrième de couverture qu’une fois le livre fini, mais ça rend ce livre encore plus agréable, je trouve :

« En avril 2006, sur le site internet de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA), je suis tombée sur un reportage tourné à Beyrouth en 1984. Les journalistes interrogeaient les habitants d’une rue située à proximité de la ligne de démarcation, qui coupait la ville en deux. Une femme, bloquée par les bombardements dans l’entrée de son appartement, a dit une phrase qui m’a bouleversé :  » Vous savez, je pense qu’on est quand même, peut-être, plus ou moins, en sécurité, ici. « Cette femme, c’était ma grand-mère. »

Cette lecture était une très chouette découverte, d’autant plus que ça m’a permis de me rendre compte que l’auteure était aussi l’auteure de la BD « Le Piano Oriental », qui me fait beaucoup envie. Je ressors vraiment de cette lecture avec l’impression d’avoir assisté à un moment de vie à la fois banal pour les personnages dépeints, mais aussi crucial pour leur avenir. Les BDs permettant de revenir sur un fait historique tout en s’appuyant sur le parcours d’une vraie personne sont décidément une valeur sûre pour moi !

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