Comment devenir un dieu vivant de Julien Blanc-Gras

Titre alléchant, plume que j’avais adorée dans Touriste, histoire totalement loufoque. Julien Blanc-Gras avait tout pour m’emporter avec lui et tout me dire pour devenir moi-même déesse parmi les quidams. Mais malheureusement, le livre reste un peu trop WTF pour moi.

Julien Blanc-Gras, je l’ai découvert en lisant Touriste. Une petite citation du livre m’avait tout de suite plu, et l’idée d’être moi-même touriste professionnelle m’a poursuivie durant des années, jusqu’à ce que je comprenne que ce n’était pas un métier.

Certains veulent faire de leur vie une oeuvre d’art, je compte en faire un long voyage. Je n’ai pas l’intention de me proclamer explorateur. Je ne veux ni conquérir les sommets vertigineux, ni braver les déserts infernaux. Je ne suis pas aussi exigeant. Touriste, ça me suffit.

Le touriste traverse la vie, curieux et détendu, avec le soleil en prime. Il prend le temps d’être futile. De s’adonner à des activités non productives mais enrichissantes. Le monde est sa maison. Chaque ville, une victoire. Le touriste inspire le dédain, j’en suis bien conscient. Ce serait un être mou, au dilettantisme disgracieux. C’est un cliché qui résulte d’une honte de soi, car on est toujours le touriste de quelqu’un.

Du coup, c’est avec bonheur que je me suis plongée dans Comment devenir un dieu vivant. La plume me plaît toujours autant : moderne, parfois juste acerbe comme il faut, crue et riche. Dans ce livre, totalement fictionnel, le « héros » va devenir un prophète pour le peuple terrien que nous sommes. Des rues crasseuses jusqu’au sommet du monde, William Andy et ses comparses vont se poser en stars de l’apocalypse inévitable qui frappe à nos portes.

Et c’est là que ça devient trop pour moi. Nous sommes emportés dans un délire incroyable – d’une qualité indéniable, mais qui ne m’aura pas réellement fait vibrer. Peut-être parce que j’ai peur que ce livre ne soit pas aussi fictionnel qu’il ne le laisse croire ? Je ne sais pas. En tout cas, je n’irai pas jusqu’à vous le déconseiller. Je suis sûre qu’une fois qu’on se laisse aller aux loufoqueries de Julien Blanc-Gras, Comment devenir un dieu vivant est une perle. Toutefois, ça n’a pas été mon cas.

Prochaine lecture de lui : Gringoland, histoire de patienter jusqu’à me procurer Paradis (avant liquidation) qui devrait être plus dans la trempe de Touriste.

Je me suis enfoncé dans le canapé pour prendre du recul par rapport à l’écran. On pouvait modéliser l’état du discours télévisé dans cette équation calamiteuse. Premièrement, on vous explique que l’Autre est très dangereux. Deuxièmement, on vous explique qu’il est interdit de critiquer l’Autre.

Coincé entre les discours sécuritaires et le politiquement correct (ce petit puritanisme sémantique insidieux qui fait du mal à la pensée et du bien à personne), le pauvre téléspectateur se recroqueville dans son inhibition. Vainqueurs : la peur et la culpabilité, deux attitudes paralysantes comme mode de lecture de la réalité. Et l’inertie, dans un monde qui va très vite, c’est la chute.

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