Nous sommes tous des féministes, de Chimamanda Ngozi Adichie (Suivi de « Les Marieuses »)

Dans le cadre de ma participation à Our Shared Shelf, j’ai décidé d’allonger un peu ma pile à lire féministe par des petits ajouts. Et il m’a semblé qu’un bouquin appelé « Nous sommes tous des féministes » était le parfait choix pour une première lecture en-dehors des sentiers tracés par Emma Watson.

Tout d’abord, je dois déplorer la mauvaise traduction du titre. Je trouve, en effet, que le « We should all be feminists » est tellement plus engageant que ce qui semble une vérité acquise en français.

Dans son texte, Chimamanda Ngozi Adichie tente de faire comprendre une idée assez simple, mais fort oubliée : c’est par l’éducation de nos enfants que nous pouvons faire évoluer les choses. S’il y a bien une chose dont je suis persuadée en ce bas monde, c’est ça. Et que les pandas domineront la planète un jour. Mais surtout ça.

Ainsi, l’auteure prend le temps d’expliquer concrètement que le changement ne peut survenir que si on apprend autant à son fils qu’à sa fille à cuisiner pour pouvoir se débrouiller seul, par exemple. Ou si on apprend aux femmes qu’elles ne doivent pas dépendre de l’approbation des hommes pour avancer, et qu’elles peuvent elles aussi avoir de l’ambition. Et bien d’autres bien plus joliment exprimés que ce que je ne fais.

Ce petit texte, très concret donc, apporte un petit espoir non négligeable, et un rappel essentiel : notre culture est façonnée par nous, et c’est à nous de la changer quand quelque chose ne va pas.

Cette retranscription améliorée d’une de ses conférences lors d’un TEDx est accompagnée par un autre texte, Les Marieuses, une nouvelle issue de son recueil « Autour de ton cou ». Cette nouvelle relate le mariage arrangé d’une nigériane avec un gars du pays, devenu docteur aux Etats-Unis. Une fois sur place, c’est la désillusion : elle doit changer de nom pour s’américaniser, cuisiner américain pour éviter les odeurs exotiques dans l’immeuble, parler américain, etc. et cela, tant son mari veut se fondre dans la culture qui l’accueille. Tout cela est d’autant plus paradoxal quand leur voisine, une dame âgée, n’hésite pas à dire qu’il n’y a plus de culture en Amérique. Une volonté de se fondre qui n’est pourtant pas une demande des Américains, mais donc plus une peur interne qui se propage et agit.

J’ai eu un peu plus de mal avec ce texte, parce qu’il contrebalance énormément avec ce que je venais de lire de si positif. Ici, les personnages renient leur culture, la femme est totalement dépendante de l’homme, et elle n’a pas (encore) les moyens de ne plus l’être. L’espoir ressenti dans le texte précédent s’envole un petit peu.

Toutefois, le positif l’emporte sur le négatif dans mon joli monde, et j’aspire à ce jour tant attendu où le titre du livre ne me dérangera plus, et où nous pourrons tous affirmer sans souci que Nous sommes tous des féministes.

 

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